Le secteur peut perdre plus de 17 mille emplois d’ici la fin de l’année 2020. C’est pourquoi les industriels se sont penchés sur la mise à jour du pacte de compétitivité 2020-2025 qui fixe, désormais comme priorité, la sauvegarde des emplois et l’accès à la liquidité.


La crise économique provoquée par la pandémie du Coronavirus ne laissera pas indemnes certains secteurs d’activité. Du moins sur le court terme. Bien que les yeux soient rivés sur le tourisme qui broie du noir, d’autres secteurs plongent, pareillement, dans une violente récession et ne vont probablement pas retrouver leur niveau d’activité d’avant la crise avant trois ou quatre ans. L’industrie automobile est, en effet, un de ces secteurs qui sont aux prises avec la crise et qui se battent pour préserver aussi bien le tissu industriel que les emplois.

Une mise à jour du pacte
L’effondrement de la demande à l’échelle internationale a entraîné un ralentissement de l’activité au niveau de toute la chaîne de valeur, notamment en Tunisie, où le secteur connaît un repli sans précédent. “Pour faire face à cette crise, nous devons faire preuve de coopération, de créativité et d’effort qui doivent être proportionnels à la gravité de la situation. Nous appelons les industriels, les institutionnels et les autorités à unir leurs forces et d’agir de toute urgence et de façon coordonnée. Plus que jamais, nous avons besoin de solidarité, d’espoir et de volonté politique pour surmonter ensemble cette crise terrible”, a souligné, à ce sujet, Nabhene Bouchaala, président de l’Association tunisienne Tunisian Automotive Association (TAA) dans son intervention lors de l’assemblée générale ordinaire de la TAA, qui s’est tenue jeudi 23 juillet à Tunis.

Il a ajouté que suite à la survenue de la crise du Coronavirus, l’association s’est, désormais, penchée sur le remodelage du pacte pour la Compétitivité de l’industrie automobile prévu pour la période 2020-2025 ainsi que sur la mise à jour de ses objectifs. “Juste avant l’apparition de l’épidémie, on a fignolé le pacte qui comportait des objectifs quantifiés. Avec la nouvelle donne entraînée par la crise, tout a changé. Notre principal souci maintenant est de sauvegarder les emplois”, nous a confié Lamia Gharbi, secrétaire générale de la TAA.

Une crise qui a mis tout en désordre
Dressant un état des lieux du secteur avant-Covid, la consultante du bureau d’étude EY, Fatma Kolsi, a expliqué que l’industrie automobile tunisienne était en pleine croissance sur un marché mondial porteur. Les chiffres sont éloquents : 80 mille emplois, 40% taux d’intégration, 2 milliards d’euros d’exportation en 2017, dédoublement du nombre des entreprises du secteur sur une décennie…etc.

Grâce au pacte de compétitivité 2020-2025 qui est une sorte de contrat sectoriel de partenariat public-privé engageant les deux parties, à savoir le gouvernement et les industriels dans des objectifs communs, le secteur tablait (avant la crise) sur 12,6 milliards de dinars d’exportation, un accroissement de l’investissement ainsi que de l’employabilité afin d’atteindre 120 mille emplois d’ici 2025. L’apparition de l’épidémie a mis tout en désordre poussant les protagonistes du secteur à revoir leurs priorités.

“Les scénarios les plus optimistes prévoient un recul de la consommation de véhicules de 11%pour 2020 et un retour aux volumes de 2019 en 2025 au plus tôt”, a fait savoir Fatma Kolsi. Et d’ajouter “Face à la baisse de l’activité et faute de mesures rapides et adéquates, une perte sèche allant jusqu’à 17.537 emplois est à craindre d’ici la fin de l’année 2020”. La TAA s’est penchée sur la mise à jour du pacte de compétitivité en vue de définir les nouveaux défis à relever, à savoir principalement la réduction de l’impact de la crise sanitaire. Quatre principaux objectifs ont été répertoriés, à cet effet, en l’occurrence la sauvegarde des emplois, l’accès à la liquidité, la préparation à la relance et la prospection.

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