Aujourd’hui, jeudi 30 juillet, est une journée particulière, voire très particulière, dans l’histoire de la jeune expérience démocratique nationale post-révolution de la liberté et de la dignité.

Les Tunisiens auront, en effet, l’opportunité de vivre une première dans l’histoire de leur institution parlementaire en voyant leurs députés voter secrètement le retrait de leur confiance accordée au président du Parlement lors de l’ouverture, il y a près de 9 mois, de la présente session parlementaire.

Les élus de la nation sont invités donc, à la faveur d’une motion de censure à l’encontre de Rached Ghannouchi, président du Parlement, à voter dans l’objectif de le révoquer de son poste au cas où ils seraient au moins 109 votants à ne plus vouloir de sa présidence ou de le maintenir au perchoir dans le cas où cette majorité absolue des voix (soit la moitié du nombre des députés et non des présents lors du vote) ne serait pas atteinte.

Les comptes arithmétiques des voix pour Ghannouchi et aussi de celles qui s’exprimeront pour son remplacement au perchoir ne peuvent, en aucune manière, prendre le dessus sur la symbolique de l’événement et la signification profonde de la mission historique que les députés auront à assumer, aujourd’hui, dans une atmosphère qu’on pourrait qualifier elle aussi d’ambiance historique marquée notamment par la décision solennelle des Tunisiens de faire sortir leur pays d’une grave crise politique sans précédent en faisant fonctionner les mécanismes constitutionnels mis en œuvre, justement, en vue de résoudre pacifiquement et démocratiquement les différends et les crises, quelles que soient leur acuité et leur ampleur.

Ainsi, les pourparlers que mène depuis lundi dernier Hichem Mechichi, le Chef du gouvernement désigné, en vue de former son équipe ministérielle dans le délai constitutionnel d’un mois qui lui est accordé, conjugués à la tenue, aujourd’hui, de la séance plénière consacrée au retrait de confiance au président du Parlement, ne constituent-ils pas, de l’avis de plusieurs observateurs et analystes suivant de près l’évolution de l’expérience démocratique nationale post-révolution, l’illustration parfaite de l’ancrage de la pratique démocratique dans la mentalité et le comportement des Tunisiens et aussi une preuve de la décision irrévocable des Tunisiens de résoudre leurs crises par le dialogue et rien que le dialogue.

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