• Un accord de crédit en devises d’un montant de 356 millions d’euros, soit l’équivalent de 1.230 millions de dinars, a été signé avec 12 banques en Tunisie, pour la mobilisation de ressources au profit du budget de l’Etat, dans le cadre des dispositions de la loi de finances pour l’exercice 2019. Les banques sont obligées de donner la priorité à l’Etat aux dépens des crédits à la consommation
• Le financement de l’Etat par les banques tunisiennes présente des avantages que les banques étrangères ne peuvent accorder. Ces avantages concernent notamment le coût qui est plus réduit que le crédit proposé sur le marché financier international

Le mois de Ramadan est synonyme de dépenses. Cela risque de faire exploser l’inflation et d’aggraver les déséquilibres financiers de l’Etat. D’où la décision prise récemment par la BCT de suspendre l’octroi des crédits à la consommation par les banques vu le manque de liquidité. D’autant plus que l’Etat a recours aux banques pour contracter des crédits destinés à la réalisation des projets programmés. C’est une décision impopulaire qui risque de faire des mécontents parmi la population. La priorité est donnée, dans le contexte actuel, à l’Etat pour utiliser les réserves financières dont disposent les banques. Cette mesure a un autre effet non moins important dans la mesure où elle va freiner l’inflation qui a connu  un repli de  6,9% en avril 2019 contre 7,1% en mars 2019 et 7,3% en février 2019, selon l’Institut national de la statistique.

Il est nécessaire de maintenir le niveau de l’inflation à un niveau acceptable et même de le rabaisser davantage pour assurer la relance économique escomptée. A l’occasion du mois de Ramadan, plusieurs familles tunisiennes ont recours aux crédits à la consommation. Certes, la mission première d’une banque est de servir les prêts en imposant un taux d’intérêt modéré. L’objectif est d’attirer le maximum de clients et de faire des bénéfices à moyen et long terme lors du remboursement des crédits par les clients.

Budget complémentaire

La BCT a été amenée, plus d’une fois, à injecter des fonds aux banques afin qu’elles puissent disposer des ressources financières nécessaires pour mener leurs activités dans des conditions normales. Mais quand ces ressources se font rares, il est nécessaire de revoir toute la procédure. D’autant plus que l’Etat, à défaut de sortir sur le marché international, s’est tourné vers les banques pour solliciter des crédits indispensables pour financer ses multiples projets programmés. En effet, l’Etat s’est trouvé obligé à s’endetter auprès des banques locales pour alimenter son budget complémentaire de 2019.

Le contexte actuel se caractérise par des difficultés économiques auxquelles fait face la Tunisie.  Malgré la rationalisation des dépenses, le budget n’est pas en mesure de satisfaire tous les besoins. Les bailleurs de fonds étrangers font preuve de réticence quand il s’agit d’octroyer des crédits à la Tunisie sans la garantie des grandes puissances économiques. Notre pays a déjà bénéficié des tranches de crédits du FMI et de la Banque mondiale qui ont imposé des recommandations strictes consistant notamment à réduire le déficit du budget de l’Etat, à lever progressivement la compensation des produits de base, à appliquer la réalité des prix pour le carburant, à alléger l’effectif de l’administration publique et à encourager davantage l’initiative privée.

Le début d’application de ces mesures — comme la révision du prix du carburant à la pompe — a soulevé un tollé auprès des professionnels comme ceux opérant dans le transport collectif et individuel.

Crédit en devises

Rappelons qu’un accord de crédit en devises, d’un montant de 356 millions d’euros, soit l’équivalent de 1.230 millions de dinars a été signé avec 12 banques en Tunisie, pour la mobilisation de ressources au profit du budget de l’Etat, dans le cadre des dispositions de la Loi de Finances pour l’exercice 2019. Certains employés se rabattent sur l’offre proposé par leurs entreprises qui consiste à débloquer des avances sur salaire afin de leur permettre de trouver un plus d’argent à dépenser pendant le Ramadan et l’Aïd El Fitr. Autant dire que les dépenses familiales se multiplient et augmentent alors que les ressources financières sont insuffisantes.

Le financement de l’Etat par les banques tunisiennes présente des avantages que les banques étrangères ne peuvent accorder. Ces avantages concernent notamment le coût qui est plus réduit que le crédit proposé sur le marché financier international.  Ainsi, deux formules de remboursement de ce crédit sont envisagées, selon le choix des banques. La première formule porte sur un remboursement de trois tranches égales sur trois ans et dans ce cas le taux d’intérêt est fixé à 2,25%. La deuxième formule consiste à rembourser le crédit en une seule tranche, soit après trois ans et avec un taux d’intérêt de 2,5%.

Une opération de financement similaire a eu lieu en 2017 quand une convention a été signée entre le ministère des Finances et 13 banques locales, en vue de la mobilisation de ressources financières en devises pour le financement du budget de l’Etat 2017.  L’Etat a bénéficié alors d’un crédit regroupé à hauteur de 250 millions d’euros. En tout cas, les crédits de consommation ne sont pas définitivement bloqués. Il est possible de reprendre l’activité quand la situation s’améliorera car la consommation fait aussi stimuler la production et la croissance.

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