ET se poursuivent sur un rythme de plus en plus effréné les séances-écoutes offertes par le Chef du gouvernement désigné, Hichem Mechichi, à tous les représentants et activistes du paysage politique et civil national afin qu’ils lui déballent tout ce qu’ils ont sur le cœur sur ce qui s’est produit en Tunisie depuis l’avènement de la révolution de la liberté et de la dignité et sur la gestion catastrophique du pays par Ennahdha, soit directement comme à l’époque de la Troïka ou en tirant les ficelles comme à l’époque de Habib Essid et Youssef Chahed et enfin sur ce qu’ils considèrent comme essentiel, voire la pierre angulaire du plan de salut de la Tunisie, à savoir la formation d’un gouvernement sans la participation d’Ennahdha et de ses alliés, en l’occurrence Al Karama et Qalb Tounès, avec la possibilité de voir certains des députés de ce dernier parti «se libérer des pressions et des menaces et choisir d’obéir à leur conscience et rien qu’à leur conscience».

Ainsi, Hichem Mechichi est maintenant informé des desiderata d’Achaâb et d’Attayar, qui revendiquenten premier lieu la mise à l’écart d’Ennahdha «pour que les Tunisiens puissent respirer après dix ans d’étouffement», et ilsait ce que Yassine Ayari, Mabrouk Korchid et Mongi Rahoui proposent comme solutions radicales pour sauver le pays et renflouer les caisses vides de l’Etat.

En parallèle, les interlocuteurs du Chef du gouvernement désigné et peut-être (personne ne le sait encore et ne  peut affirmer le savoir) les futurs partenaires composant sa prochaine équipe ministérielle déclarent solennellement qu’ils ne sont parvenus à déchiffrer aucune intention ou idée que Hichem Mechichi voudrait les voir cautionner ou discuter.

En d’autres termes, Mechichi se contente d’écouter ses interlocuteurs «avec les égards et le respect que leur vaut leur statut de négociateurs en vue de la constitution du gouvernement. Mais il ne leur révèle rien de son programme ou de ses propositions, voire de l’approche ou de la méthodologie qu’il envisage de suivre en vue de choisir ses ministres auprès des parties qu’il consulte ou parmi les autres «partenaires» qui défilent à longueur de journée au palais Edhiafa.

Reste à savoir jusqu’à quand perdurera le silence de Hichem Mechichi dont les Tunisiens attendent toujours la première conférence de presse sur précisément le déroulement et le contenu de ses rencontres quotidiennes avec ceux que l’on peut qualifier comme étant l’élite élargie du peuple tunisien.

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