Les industries agroalimentaires, mécaniques et électroniques sont les deux secteurs où l’INS  a recensé  la plus importante perte d’emplois avec des baisses  respectives de 13,5% et 14,5%.

Au deuxième trimestre, le taux de chômage grimpe d’environ 2.6 points pour s’établir à 18%, le plus haut depuis 2011. Prévisible, cette hausse n’est pas surprenante en soi dans la mesure où elle constitue une conséquence inévitable du coup d’arrêt qu’a subi  l’ensemble de l’économie. Toutefois, atteindre un tel taux de chômage est toujours inquiétant au regard de ce que ça peut induire et entraîner comme remous et explosion sociale.

“Si cette crise est mal gérée et que des citoyens estiment que leur gouvernement n’a pas fait assez pour les aider, des troubles sociaux pourraient émerger”,  a mis en garde l’économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, dans une déclaration citée dans le quotidien français d’information économique et financière Les Echos, au mois d’avril dernier à  l’occasion des réunions de printemps  virtuelles de l’institution financière. 

Le chômage fera des ravages

Selon diverses estimations, le chômage fera des ravages et continuera à s’intensifier pour dépasser  les 20%. Il y a lieu de rappeler que l’étude d’impact du Covid-19 sur l’économie tunisienne pour l’année 2020 qui a été réalisée conjointement par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale a prévu une hausse du chômage de plus de 6 points qui frôlerait les 21%. Cela dit, il est très probable que le chômage pourrait continuer sa montée en crescendo durant la période à venir. 

D’ailleurs, le taux de 18% qui a été communiqué par l’INS est un chiffre qui ne tient pas compte et n’inclut pas toute une frange de la population active, non occupée, mais qui était dans l’incapacité de déclarer qu’elle est  en quête d’emplois, à cause des mesures de confinement et de restriction de mobilité.  “Au cours du deuxième trimestre de 2020, une moyenne de 74,2 mille personnes a été classée hors de la population active, malgré qu’elles voulaient travailler et étaient prêtes et disponibles pour commencer un travail. Ce groupe n’a pas été comptabilisé parmi les chômeurs car déclarant ne pas chercher de travail en raison de la pandémie de Covid-19. Si on ajoute ce groupe de personnes aux chômeurs, le taux de chômage augmenterait de 1,4 point et passerait à 19,4%”, lit-on dans le communiqué publié par l’institut.

Destruction de 161 mille emplois au 2e  trimestre 

Ainsi, 161 mille emplois ont été détruits au deuxième trimestre. Une lecture plus détaillée de l’évolution du chômage au cours du deuxième trimestre révèle que l’INS a recensé la disparition de 51.900 emplois dans le secteur de l’industrie manufacturière, soit une chute de 7,8%. Ce sont les deux filières agroalimentaire, mécanique et électronique qui ont affiché les pertes d’emplois les plus importantes avec des baisses  respectives de 13,5% et 14,5%. Dans le secteur de l’industrie non manufacturière, l’institut a compté les pertes de 46.800 postes d’emploi enregistrée, en totalité, dans la filière du BTP.

Dans le secteur des services, le plus touché par la crise sanitaire où on a enregistré une perte globale de 52.700 emplois (une baisse d’environ 2,9%), c’est la filière du transport et de la télécommunication qui a endossé la perte d’emplois la plus importante avec une chute de 8,5% talonnée par l’hôtellerie et la restauration où on a recensé la perte de 6.900 emplois, soit une baisse de 5%. “En revanche, certains secteurs ont connu une quasi-stabilité du nombre d’occupés par rapport au premier trimestre de 2020, comme les secteurs des mines et énergie, et des banques et assurances”, explique-t-on dans le communiqué de l’INS.

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