A l’approche de chaque été, les parents à budget serré doivent avoir plusieurs tours dans leur sac pour s’en sortir financièrement et assurer de «réelles» vacances pour leurs enfants.

Si les vacances estivales sont souvent synonymes de plage, sorties nocturnes,  hôtels et une réelle détente, elles sont, par contre, un vrai casse-tête pour les familles démunies ou à revenus modestes. Ces dernières ne peuvent pas affronter les grandes dépenses de l’été et celles qui ont des enfants ne peuvent pas prévoir des activités de loisirs, vu que les prix des clubs, la garderie et les colonies de vacances ne cessent de monter en flèche… Comment le Tunisien se débrouille-t-il pour  joindre l’utile à l’agréable et profiter à fond de l’été et des vacances ?

L’été, quand on a des enfants, est un vrai dilemme pour les personnes et notamment les mamans qui travaillent et qui ne trouvent pas où laisser les enfants, pendant ces heures d’absence. Pour celles qui ont de l’argent, il n’y a pas vraiment de problème, car  ce ne sont pas les clubs de musique, de chant, de peinture et d’activités artistiques qui manquent. Mais pour les familles qui ont un budget serré, elles se trouvent  face à un véritable problème, comme le cas de madame Soumaya, mère de deux enfants âgés respectivement de 6 et 7 ans, et qui  les confie à leur grand-mère car elle ne peut réserver une somme d’argent estimée à 100 dinars par mois pour les inscrire dans un club de théâtre. La maman, simple fonctionnaire, a trouvé une autre alternative pour occuper ses enfants.

Chaque matin, elle, qui a tout de même  investi dans un matériel de dessin, emmène ses deux enfants chez leur  mamie, munis de tout le nécessaire pour passer une matinée à pratiquer une activité enrichissante, le temps de son absence. « Mon salaire de fonctionnaire ne me permet pas de payer pendant l’été des clubs d’activités artistiques pour mes deux enfants, sachant que j’aurai d’autres dépenses  encore plus coûteuses pour la rentrée scolaire qui suit la période estivale. Du coup, j’ai opté pour cette alternative beaucoup plus efficace et qui permettrait à mes enfants de s’épanouir et de  passer d’agréables vacances d’été. Pour les détendre encore plus et garder encore l’esprit des vacances,  je les emmène également à mon retour à la maison à la plage  sans dépenser de l’argent », témoigne la fonctionnaire.

Si la mère de Soumaya s’est portée volontaire pour la garde de ses petits -enfants, ce n’est pas le cas pour la maman de Adem qui s’est trouvée dans l’obligation de faire garder son enfant tantôt chez sa voisine, tantôt enfermé chez lui à la maison. Cette maman, qui travaille en tant que serveuse dans un café de banlieue sud, estime que l’inscription dans des clubs d’été coûte  cher, ce qui dépasse ses moyens. Elle a donc trouvé un arrangement avec sa voisine, les fois où elle est disponible, pour lui confier son enfant âgé de 5 ans. Sinon, dans d’autres occasions, elle emmène son enfant avec elle sur son lieu de travail, en lui procurant un endroit tranquille où il peut s’adonner à une activité ludique, notamment colorier ou jouer dans le petit espace réservé aux familles et aux enfants dans le salon de thé où elle travaille, le temps qu’elle termine son boulot. « Mon travail, heureusement pour moi, me permet de garder un œil sur mon enfant pendant l’été. Il profite ainsi de l’été en s’amusant,  tout en étant en sécurité. Laisser ses enfants à la garde de quelqu’un est toujours frustrant mais, situation oblige, c’est toujours plus sécurisant que de le laisser livré à lui-même, d’autant plus que le prix des garderies ou les clubs dépasse les 80 dinars pour une seule activité et qu’ils  se trouvent assez loin de mon lieu d’habitation», a résumé  Leyla, la serveuse.

Pour  certaines  autres familles qui ont des enfants pré-adolescents, elles sont confrontées  toujours au même problème. Les enfants ne sont pas assez âgés pour s’auto-garder et ont dépassé l’âge des clubs et des activités ludiques. Ils ont besoin d’autres alternatives pour passer le temps. Pour passer des vacances qui allient détente et hobbies, Mouhib, âgé de 14 ans, qui habite à Borj-Cedria, a voulu tenter l’expérience des boy-scouts qui se trouvent juste à deux pas de son quartier, pour faire de nouvelles rencontres.

Passer d’agréables vacances entre détente et activités ludiques et enrichissantes n’est pas donné à tout le monde, surtout ces dernières années, avec la crise économique qui touche négativement le budget de certaines familles tunisiennes et à laquelle est venue s’ajouter la crise sanitaire du Covid-19 qui a aggravé encore plus la situation.

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