Baignades, soirées, balades au bord de la mer, cafés et salons de thé… Les Tunisiens profitent  encore de ces derniers jours  des vacances estivales bien que la situation sanitaire soit de plus en plus critique à cause de la propagation du Covid-19, l’approche de la rentrée scolaire, universitaire et le retour au travail pour un bon nombre de personnes. Comment les Tunisiens envisagent-ils les préparatifs de la rentrée ? Reportage.

Plage de la banlieue sud, à Borj Cédria, un certain vendredi,  vers les coups de midi. Parasols, transats… étaient tous réservés. Des familles, des groupes de jeunes, des duos… affluaient en grand nombre pour passer la journée au bord de la mer et profiter encore du soleil, du bon temps, des derniers jours du mois d’août et des vacances. La plage était envahie par les estivants mais cela n’empêche pas que bon nombre d’entre eux ont respecté les mesures de sécurité et la distanciation sociale. 

Marouane, un jeune qui a l’habitude de louer les parasols chaque saison, nous a déclaré que cette année, et exceptionnellement à cause du Covid-19, il a placé, avec toute son équipe,  un  nombre réduit de parasols sur la plage et a recommandé tout de même à tous les estivants d’installer leurs parasols en respectant au moins une distance d’un mètre. Il nous a également informés que la saison n’était pas aussi rentable comme les années précédentes vu la crise économique qu’a causée le virus  bien que les estivants profitent de nos services chaque jour et viennent pour passer de longues heures à se baigner.   

Lamia, mère de deux enfants, s’est rendue ce jour-là à la plage avec sa petite famille composée de quatre personnes pour profiter encore de ces quelques jours qui restent avant de penser sérieusement aux dépenses et aux  préparatifs de la rentrée scolaire pour ses deux enfants qui poursuivent leurs études au collège et au lycée. « Je viens d’Ezzahra et j’emmène chaque jour mes enfants à la plage, pour se détendre, pratiquer une activité au bord de la mer avant l’approche de la rentrée qui apparemment a été fixée au 15 septembre prochain. Je suis un peu soucieuse quant à la date de la rentrée pour des raisons purement sanitaires, mais il faut qu’on reprenne, tout de même,  la vie normale de tous les jours tout en respectant les gestes barrières, à savoir le port du masque, l’utilisation du gel hydroalcoolique, la distanciation sociale et surtout le lavage fréquent des mains. J’ai essayé d’inculquer cette culture à  mes deux enfants afin de préserver notre santé. Quant à la rentrée, j’envisage d’en discuter les préparatifs et faire le calcul des dépenses dans quelques semaines ».

Nous avons posé la même question à d’autres estivants.  Ameni et Nadia, deux amies, toutes deux étudiantes, n’ont pas eu la chance de profiter des vacances vu qu’elles ont passé les examens de la session principale au mois de juillet. « Nous n’avons pu nous éclater qu’au mois d’août et  nous allons reprendre  même les examens au mois de septembre. Nous profitons donc de toute cette période pour nous détendre et passer toute la journée au bord de la plage pour nous baigner et réviser quelques matières que nous allons prochainement passer. Nous consacrons aussi toute la nuit  à  la révision ; nous nous rendons parfois dans des salons de thé, en plein air, pour discuter tantôt et réviser tantôt jusqu’à une heure tardive. Nous essayons de joindre l’utile à l’agréable pour ne pas rater nos vacances et les examens. Cette année est exceptionnelle et il faut s’adapter à cette nouvelle situation qui s’avère difficile mais gérable», nous a-t-elle expliqué.  

Idem pour Ahmed et sa bande de copains. Tous  les quatre ont presque dépassé la trentaine, ils sont fonctionnaires et sont actuellement en congé. « Nous avons essayé de retarder nos vacances et préféré prendre nos congés à la mi-août pour éviter au maximum le contact avec la foule  et ne pas être trop entourés d’estivants sur la plage ou dans les soirées et espaces publics. Et pourtant, nous avons l’impression que les Tunisiens ne sont toujours pas conscients de la situation sanitaire qui s’avère critique avec la deuxième vague qui frappe déjà le  pays. D’après les petites sorties que nous faisons tous les jours, nous constatons l’absence totale du port du masque chez certains citoyens et même  dans les cafés, les taxis, les espaces publics, certains ne respectent pas la distanciation sociale et les précautions nécessaires pour préserver la santé de  tout le monde. Nous espérons quand même que cela changera d’ici quelques jours avec la rentrée scolaire et universitaire et que les Tunisiens prendront conscience et seront vigilants avant que la situation ne s’aggrave », s’alarme Ahmed.

Certes,  le monde entier a été affecté par cette catastrophe sanitaire, mais cela ne doit pas empêcher les Tunisiens d’essayer de s’adapter et de passer un été et des vacances comme à l’accoutumée et se préparer pour une rentrée « presque » normale. 

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