Le charançon rouge constitue un fléau qui a porté atteinte à des centaines de palmiers dans le Grand-Tunis. Une  nouvelle stratégie sera mise en place en vue de lutter contre la propagation de ce parasite ravageur.

Un séminaire a été organisé récemment à Tunis sur le charançon rouge qui a attaqué des palmiers à Carthage. En effet, cet insecte n’a pas été totalement éradiqué dans les quatre gouvernorats du Grand-Tunis, à savoir Tunis, Ariana, Ben Arous et La Manouba. Il s’est étendu à Bizerte et à Nabeul et dernièrement à Zaghouan. L’objectif de ce séminaire a permis de présenter un diagnostic de la situation qui est devenue très grave pour la sécurité alimentaire en Tunisie. Si son évolution n’est pas freinée, ce parasite ravageur risque d’attaquer les palmiers dattiers, ce qui serait une catastrophe dans la mesure où la production des dattes constitue la deuxième source d’entrée de devises dans le domaine de la production agricole. Le processus d’évolution du charançon rouge n’a pas fait l’objet d’un traitement efficace ces dernières années, ce qui a abouti à la situation actuelle.

Dans ce contexte, le représentant de la FAO, Noureddine Nasr, a déclaré «qu’aucune personne en Tunisie ne peut certifier que le charançon rouge n’atteindra pas les zones de production des dattes», ajoutant, par ailleurs, que vu l’importance de ce fléau, un fonds mondial pour l’éradication de cet insecte a été créé. La Tunisie peut bénéficier de l’encadrement et de l’assistance de la FAO, mais le danger ne concerne pas uniquement le territoire tunisien mais peut être introduit à partir des pays voisins.

Renforcer la stratégie nationale

Il confirme aussi que la Tunisie dispose d’une biodiversité unique dans le monde. A titre d’exemple, dans l’archipel de Kerkennah, chaque palmier appartient à une variété spécifique. De son côté, M. Imed Jaoudi, représentant de la direction du contrôle et protection des qualités des produits agricoles relevant du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a donné un bilan sur la situation actuelle et a mis en exergue la stratégie nationale de lutte contre le charançon rouge qui va être renforcée. La stratégie se définit en cinq phases dont la première concerne la législation. La deuxième a trait à l’installation d’un centre de veille sanitaire des oasis pour lutter contre ce dangereux insecte. Une stratégie de lutte et de veille sanitaire des palmiers sera mise en place. Un plan d’action d’urgence en cas d’attaque est également prévu.

Pour sa part, M. Mohamed Ikbal Souissi, président de la Chambre nationale de l’agriculture biologique et du tourisme vert, chargé du bureau national du Synagri pour ce dossier, a annoncé que vu la situation actuelle de ce fléau et la propagation de cet insecte, il faut multiplier les campagnes d’information et de sensibilisation en faisant notamment appel à la société civile et autres intervenants dans ce secteur. Car, quels que soient la bonne volonté et le dévouement des responsables, le ministère de l’Agriculture ne peut pas atteindre seul l’objectif escompté. Il faut charger des opérateurs privés pour effectuer le travail de terrain. Le rôle du ministère de l’Agriculture consistera à contrôler et à arbitrer. A l’issue de ce séminaire, un groupe de travail constitué de représentants de la société civile s’est mis en place pour aider à l’éradication de ce fléau.

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