La hausse du nombre de contaminations et l’apparition de nouveaux clusters dans quelques régions suscitent aujourd’hui une vive inquiétude au sein du ministère de la Santé qui appelle au strict respect de l’obligation du port de masque et  des autres consignes barrières dans les espaces publics, d’autant plus qu’un grand nombre de contaminations a été observé dans les lieux de travail. Le directeur général de la santé, Tahar Gargah, se veut toutefois rassurant, affirmant que la situation épidémiologique est sous contrôle dans la région d’El Hamma où un foyer de contamination  s’est déclaré. Par ailleurs, la rentrée scolaire est maintenue, pour l’heure, au 15 septembre. Entretien.

Avez-vous enregistré des cas de contamination au sein du personnel médical et paramédical suite au  relâchement des mesures barrières qui a été observé au niveau des établissements hospitaliers?

Jusqu’à présent, on n’a pas enregistré de cas de contamination chez les médecins.  Par contre,  des cas ont été observés  au sein du personnel paramédical. Je n’ai pas le nombre exact en tête, mais une bonne proportion des paramédicaux ont été contaminés. Toutefois, l’enquête  en cours n’a pas  encore prouvé si la contamination est  d’origine nosocomiale ou communautaire. Sinon, on ne peut pas parler de relâchement au niveau des hôpitaux. Au départ, nous avons consacré notre activité au cours des mois de mars et d’avril aux actes et aux consultations anti-Covid-19, ce qui s’est répercuté sur les autres actes, à l’instar des interventions chirurgicales et des explorations radiologiques, biologiques et autres qui ont enregistré un retard. A partir des mois de mai et de juin,  nous avons essayé de rattraper le retard enregistré, que ce soit en matière d’investigation ou d’intervention chirurgicale… Pour cela, nous avons abandonné temporairement les  circuits Covid pour nous concentrer sur les autres malades qui nécessitent des interventions urgentes… Actuellement, nous avons donné des instructions claires pour réactiver le circuit Covid au sein de chaque structure hospitalière, que ce soit en première, deuxième ou troisième ligne. Cela a été motivé par la situation épidémiologique actuelle et l’augmentation du nombre de contaminations dans quelques régions.

Le risque de contamination est-il élevé dans les bus touristiques,  les avions, les trains, les piscines des hôtels…?

En ce qui concerne le tourisme, que ce soit le tourisme classique ou médical, le circuit est relativement contrôlé et fermé, ce qui réduit le risque de contamination… qui existe, par contre, au niveau des aéroports, des ports, des moyens de transport…. Pour s’en protéger, il faut porter un masque, respecter la distanciation physique et utiliser le gel hydro-alcoolique.

Le port du masque est devenu obligatoire. Pensez-vous que l’application de cette mesure va être respectée dans les espaces publics?

Pour le port du masque, Il y deux volets. Le premier réside dans la sensibilisation de la population. Il s’agit là du  principal pilier de notre stratégie. Il y a, par ailleurs, le volet interdiction et sanctions. Il est possible d’interdire à la personne qui ne porte pas de masque, l’accès aux endroits et aux lieux où le port du masque est obligatoire. Des sanctions sont prévues pour les contrevenants dans les espaces signalés par le décret en vigueur.

Un couple de jeunes mariés résidant dans un établissement hôtelier de la ville de Mahdia a contaminé une partie du personnel. Est-ce dû, selon vous, au non-respect du protocole sanitaire?

Nous n’avons reçu aucune confirmation sur l’existence de cas testés positifs dans un établissement hôtelier de Mahdia.

La rentrée scolaire est-elle maintenue pour les zones et les villes où des foyers de contamination ont été observés, à l’instar d’El Hamma, de Ben Arous, de Sidi Hassine Sijoumi, de Zahrouni? Des dispositions spéciales sont-elles prévues pour ces zones?

Il y a eu une réunion multisectorielle pour préparer des protocoles  spécifiques adaptés aux  rentrées scolaire et universitaire. La date  de la rentrée scolaire est prévue  pour le 15 septembre. Pour les régions où des clusters ont été enregistrés, tout dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique. A El Hamma,  la situation est sous contrôle. Une courbe ascendante a été enregistrée au début, suivie d’un plateau  et on est actuellement dans la phase descendante. La prise de mesures dans les régions où on enregistre des contaminations dépendra, dans les jours à venir, de la situation épidémiologique.

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