Portrait de Slim Baccouche, musicologue : L’homme qui fait chanter les femmes

Evoquer les performances que Slim Baccouche réussit à réaliser avec des voix n’ayant aucune formation académique, mais animées de passion, demanderait de longs développements. Que l’on sache seulement que ses talents pédagogiques, sa passion partagée, son empathie artistique lui permettent d’obtenir des résultats inattendus.

Au début, c’était pour leur plaisir, en petit comité, que Slim Baccouche, musicologue, musicien de talent, enseignant respecté, avait accepté d’initier et d’entraîner un groupe de femmes amateurs de musique. Ces dames prenaient fort sérieusement les choses, et avec un tel maître, elles progressaient rapidement. Les groupes se multiplièrent. Cela devint une mode, un phénomène social. Tout le monde voulait chanter. Le travail fourni était remarquable, les résultats encouragèrent Slim Baccouche à les faire passer des salons à la scène. Elles hésitèrent. Un des groupes, le plus motivé accepta. Ce fut le début d’une belle aventure. Le succès fut total. L’étonnement aussi. On ne parlait que de cela. Et les chanteuses amateurs des autres groupes, regrettant de ne pas avoir osé, assistaient à tous les concerts. Il est vrai que Slim Baccouche avait conçu avec subtilité un répertoire adapté au niveau et aux goûts de ses élèves : des chants recueillis du pourtour de la Méditerranée complétés par une ou deux créations chaque année. Ce fut la naissance d’Arc-en-Ciel, une chorale qui donna de nombreux concerts en Tunisie, mais aussi en France et au Maroc.

Puis, ce fut «Les voix du Soleil». Slim Baccouche revenait d’Inde où il avait assisté à un festival de musique soufie, une  passion qui, depuis vingt ans, le menait à participer à tous les festivals de musique sacrée. Une passion qui lui avait valu des problèmes pourtant. Car, quand il déclara qu’il voulait faire de la musique son métier et son avenir, sa mère cessa de lui parler un an durant. Aujourd’hui, Slim Baccouche est coach de vie, maître soufi, psychophoniste, ce qui signifie qu’il pratique une thérapie par la voix. «C’est un voyage à travers la musique que je propose, un voyage astral de paix et de sérénité. J’ai pris conscience de l’importance de la voix humaine, une voix unique pour chacun. A travers la voix, on peut développer les capacités de chacun. Et j’ai choisi de les accompagner pour un changement bénéfique».

Dès son retour, il décida de monter une chorale de femmes qui interprèterait les  chants soufis dans différentes langues et sur différents rythmes. L’expérience donna lieu à l’enregistrement d’un CD qui en garde la mémoire.

Evoquer les performances que Slim Baccouche réussit à réaliser avec des voix n’ayant aucune formation académique, mais animées de passion, demanderait de longs développements. Que l’on sache seulement que ses talents pédagogiques, sa passion partagée, son empathie artistique lui permettent d’obtenir des résultats inattendus. Ses adeptes constituent, aujourd’hui, des chorales réputées, invitées à participer à des festivals dans le monde entier.

Prévu avant le corona, et retardé pour cas de force majeur, leur dernier projet consistait à participer à un hommage à Pavarotti à Rome, avec la grande chorale du Vatican. Puis, plus tard, participer au fameux Soufi Sutra, le grand festival de musique soufie en Inde, qui réunit sur un même plateau 800 choristes et 200 instrumentistes.

Slim Baccouche : un homme, un maître, un talent à ne pas perdre de vue.

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