Encore une fois, tous les partis politiques, à l’exception d’Ennahdha, ont répondu absent à l’occasion des élections municipales partielles qui ont démarré, hier, dans plusieurs municipalités avec le vote des militaires et des agents de sécurité,  avant de céder le témoin aujourd’hui, dimanche 30 août, aux civils, pour élire leurs nouveaux conseillers municipaux qui auront à remplacer d’ici l’année 2023, soit d’ici la fin du mandat municipal en cours, ceux et celles qui ont arraché la confiance des électeurs, le 6 mai 2018, lors des premières municipales organisées après la révolution dans le cadre de la concrétisation du chapitre 7 de la Constitution du 27 janvier 2014 relatif à la consécration du pouvoir local ou plus précisément la gouvernance de nos cités par leurs conseils municipaux.

Et comme attendu et à l’instar des municipales partielles qui ont eu lieu début juillet dernier dans six régions, on a enregistré la présence de plusieurs listes indépendantes et la participation d’une seule liste partisane dans chacune des municipalités en compétition, celle précisément d’Ennahdha, le seul parti politique qui semble accorder de l’importance à ces municipales partielles, y compris dans de petites villes comme Kesra (Siliana) ou Korba (Nabeul), et qui envoie un message bien clair à ses adversaires ou partenaires dans l’opération politique et démocratique en cours dans le pays, message selon lequel le parti nahdhaoui est prêt à affronter n’importe quelle échéance électorale, même en cette période sensible où tous les regards sont braqués sur la composition du gouvernement Mechichi et la séance plénière au Parlement mardi prochain, consacrée au vote de confiance des députés à cette même liste ministérielle.

Et au-delà de la participation insignifiante des militaires et agents de sécurité à ces élections, désaffection qui sera confirmée aujourd’hui, dimanche 30 août, par les civils comme le prévoit la majorité des observateurs, la question qui s’impose d’elle-même est la suivante : pourquoi nos partis politiques aussi présents sur la scène nationale boudent-ils les municipales partielles (pour le deuxième rendez-vous en attendant d’autres élections dans les semaines à venir), hormis Ennahdha qui est toujours présent aux côtés des listes indépendantes et qui finit toujours par remporter la mise même si le taux de participation au vote est d’une faiblesse inqualifiable, comme ce fut le cas lors des partielles de début juillet dernier quand le parti nahdhaoui a réussi à remporter une majorité confortable dans six sur sept municipalités ?

La question est d’autant plus légitime et exige une réponse urgente que nos partis politiques sont dans l’obligation de prouver que la campagne de dénigrement les ciblant ces dernières semaines est injuste et qu’ils ont un rôle central à assumer en cette période de confusion, de suspicion et de doute.

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