Les cafetiers ne semblent pas pressés d’imposer à leurs clients le port obligatoire du masque malgré la parution du texte de loi dans le Journal officiel. Les mauvaises habitudes ont repris le dessus dans les cafés des quartiers populaires où les clients attablés se soucient comme d’une guigne du coronavirus qui continue à faire des ravages dans les régions.

Il ne se passe pas un jour à Bab Souika sans que l’on ne sente l’odeur du narguilé s’échapper des foyers à chicha des cafés qui ont pignon sur rue dans ce fief d’un grand club de la capitale. Au fond d’un café situé sur une des artères, un serveur remue les charbons servant à la préparation des narguilés des clients fidèles de cet établissement. Pour le patron du café, il est hors de question d’interdire ce produit qui lui permet de brasser un grand nombre de clients qui aiment consommer un narguilé lorsqu’ils regardent un match à la télévision. Les considérations économiques ont fini par prendre le dessus pour ce cafetier conscient pourtant du  risque que peut représenter pour la santé un narguilé qui passe d’un client à un autre sans qu’il soit correctement désinfecté ou nettoyé. Oubliée également la distanciation physique. A la fin de l’après-midi, des volutes de fumée s’échappent de  groupes constitués de plusieurs personnes qui sont attablées sur la chaussée autour d’un jeu de cartes, serrées les unes contre les autres sans le moindre respect pour les consignes barrières. Les clients fument et boivent leur café dans  des verres qui ont remplacé depuis belle lurette les gobelets en carton à usage unique.  Quelques centaines de mètres plus loin,  dans  un café de Bab Bnet, cinq clients, voire plus, sont assis autour de tables installées à l’ombre des arbres, sans porter de bavette.

Absence de distanciation physique

Les parties de cartes bruyantes s’enchaînent accompagnées des cris et des rires qui fusent des tables entre lesquelles se faufilent les garçons qui prennent les commandes, servant thé, café et réalimentant les narguilés sans se soucier de passer à côté de personnes qui pourraient être porteurs du virus.  « Je suis parfaitement conscient du risque que cela représente de tolérer des groupes de plusieurs personnes qui  s’assoient à la même table sans porter de bavette et sans respecter la distanciation sociale. Mais si je ferme les yeux sur ces mesures barrières, c’est  pour ne pas faire fuir mes clients qui risquent de trouver l’application de ces mesures trop contraignante pour eux », note le patron d’un café dans un des quartiers populaires de ce faubourg.

Idem pour les salons de thé des quartiers huppés qui se montrent également peu regardants sur le respect des consignes. Les répercussions économiques ont été difficiles pour la majorité de ces  établissements qui ont été obligés de fermer leurs portes et de réduire leur personnel en raison des pertes sèches occasionnées par la pandémie de la Covid 19. Imposer des  consignes sanitaires contraignantes reviendrait à sacrifier une grande partie d’une clientèle opposée à de telles restrictions, ce qui n’arrange pas les affaires de ces propriétaires déjà durement impactés par la crise. Ces derniers savent, pourtant, qu’ils peuvent un jour tomber sous le coup de la loi. Mais ils n’en ont  cure.

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