Même quand elle ne convainc pas, la formation «sang et or» ne s’égare pas de son objectif. Un quatrième titre d’affilée et une troisième étoile accrochée à son maillot et un Mouïne Chaâbani contesté, mais protégé par Hamdi Meddeb.

Sans perdre un seul match depuis le début de la saison et bien qu’elle ait été tenue en échec par le CS Chebba, un point ajouté au capital déjà acquis a suffi à l’Espérance de Tunis de remporter son 30e titre de champion de Tunisie. C’était dimanche soir au terme d’une rencontre durant laquelle les hommes de Mouïne Chaâbani n’ont pas livré le meilleur d’eux-mêmes, mais ont tout juste fait l’essentiel pour partager la parité avec leur adversaire, le CS Chebba, et additionner ainsi le point qui leur manquait pour se proclamer champions de Tunisie pour la quatrième fois de suite. En prime, ils ont décroché leur troisième étoile et ce n’est pas peu de la part d’un entraîneur fustigé constamment et de partout depuis qu’il a été éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions par Ezzamalek, le 6 mars dernier.

Le soutien indéfectible de Hamdi Meddeb

Cela fait donc un peu plus de quatre mois que Mouïne Chaâbani est sous le feu de la critique. Comment le coach «sang et or» a-t-il tenu bon et supporter une si énorme pression quand on sait que même la prestation de l’équipe lors des matches amicaux durant la préparation a été pointée du doigt ? La réponse est toute simple. Mouïne Chaâbani a pu compter sur le soutien indéfectible de son président, Hamdi Meddeb, un homme discret, mais fort de caractère.

Principal pourvoyeur du club, Hamdi Meddeb a tenu bon cette fois-ci à la pression d’une frange du public et n’a pas limogé un entraîneur dont il est convaincu comme ce fut le cas avec Ammar Souayah. Tout le monde sait que si Mouïne Chaâbani a pu remporter deux Ligues de champions et deux championnats de Tunisie et fait ainsi un bout de chemin aussi glorieux en un laps de temps aussi court, c’est parce que Hamdi Meddeb a cru en lui. Il est son mentor et il a décidé de le soutenir contre vents et marées.  Et c’est une bonne chose en soi, à condition que le protégé rende la monnaie à son mentor en évoluant dans ses idées. Le public «sang et or» attend à ce que son équipe allie la manière au résultat et c’est légitime au vu de la richesse de l’effectif. Oui, l’effectif actuel n’a rien à voir avec celui qui a remporté deux Champions League de suite, mais la valeur intrinsèque des recrues de l’été 2019 et de l’hiver 2020 permet à l’Espérance de Tunis de dominer le championnat de Tunisie pas seulement avec le résultat, mais aussi avec la manière.

Trop de pression nuit, mais…

Si la colère d’une frange de supporters est compréhensible, trop de pression nuit. L’équipe aurait pu être déstabilisée, voire perdre le nord au point de perdre du terrain au profit de ses poursuivants directs. Le président du club a su protéger son entraîneur. Il a su également protéger ses joueurs en cette période sensible qui précède le mercato, d’autant que tout le monde sait qu’un remue-ménage est attendu à la fin de la saison, rien qu’à cause des nouveaux règlements de la FTF qui limiteront le quota des joueurs nord-africains. Officiellement, on a évité de parler de départs et rien n’a filtré des coulisses du club. C’est la force de l’Espérance de Tunis. Une force tranquille !

Bref, discrétion, efficacité et protection du groupe contre vents et marées ont permis à Mouïne Chaâbani et à ses joueurs de surmonter les difficultés et arriver à bon port.

 

crédit photo :  © M. HMIMA
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