La société AMS est dans une situation critique sur tous les plans, à savoir économique, social et financier.

Après la décision unilatérale de la part de ses responsables d’opter pour un chômage technique considéré comme étant indispensable par les dirigeants  de la société en vue de mettre en application le plan de restructuration financière et opérationnelle de la société pour lui donner un nouveau souffle et lui assurer un changement positif et une transition remarquable pour que la société reprenne son activité normale à partir du 24 Août 2020, la situation demeure toujours au point zéro.

A cet effet et dans le cadre du suivi de sa situation très difficile et ses répercussions néfastes sur ses employés, nous avons contacté M. Ridha Chiba, ancien cadre supérieur aux AMS et conseiller international en exportation, pour nous donner son avis sur la situation réelle de cette société. Interview.

Comment jugez-vous la situation de la société AMS à l’heure actuelle?

C’est une situation très critique. La société est encore fermée, les employés n’ont rien touché de leurs émoluments, ce qui a dégradé considérablement leurs conditions de vie et laissé plus de quatre cents familles dans l’impécuniosité, le besoin et la misère extrême.

Cette situation, évidemment, va s’amplifier dans le sens négatif  et rendre la vie des employés encore plus difficile  surtout avec   la rentrée scolaire  et les besoins incessants que nécessite  un tel événement. A vrai dire, cette situation demeure lamentable et ne doit aucunement durer.

Est-ce qu’il y a  une nouvelle date annoncée pour la reprise de l’activité de  la société?

A vrai dire, les dirigeants de la société ont avancé une nouvelle date à savoir le 14 septembre 2020. Mais, les propos sans suivi sont toujours inutiles et pour juger et évaluer les hommes, il faut les voir à l’action.

Croyez-vous que les dirigeants de la société vont encore retarder l’ouverture de la société?

A mon avis, j’espère que la date du 14 septembre sera le démarrage effectif de l’activité des AMS pour mettre définitivement un terme à cette situation alarmante, à la souffrance des employés, des membres de leurs familles et au marasme en général. Mais apparemment, tout laisse croire que  l’ouverture de la société va encore être retardée

Cela se justifie du fait que, jusqu’à ce jour, les dirigeants de la société n’ont pas encore informé officiellement les représentants sociaux, à savoir l’Ugtt et le syndicat de base de la date d’ouverture de la société. De même, ils n’ont pas convoqué leurs cadres pour une réunion d’information pour qu’ils se préparent à cette reprise et planifient les différentes actions à entreprendre.

Ainsi, si les dirigeants pensent réellement à l’ouverture de la société,  ils devraient procéder à l’enlèvement des matières premières déposées déjà au port depuis belle lurette pour entamer le démarrage de la production. Toutes ces questions doivent être élucidées afin d’informer  les différents intervenants, à savoir les employés, les partenaires sociaux, les clients, les fournisseurs, les autorités locales et nationales, etc.

Est-ce que les fermetures des sociétés industrielles perturbent le secteur industriel? Comment jugez-vous ce secteur  à l’heure actuelle en Tunisie ??

De prime abord, je réponds positivement et je le dis avec beaucoup d’amertume que toute fermeture d’une société industrielle constitue un frein contre l’évolution de l’économie tunisienne et un problème social de taille qui a des répercussions néfastes sur la vie des employés qui perdent leur travail.

A vrai dire, il  n’y a pas véritablement une volonté pour protéger le secteur industriel devenu très fragile et qui tend à disparaître petit à petit. Toutes les sociétés ont  été vendues dans le cadre de la Commission d’assainissement et de restructuration des entreprises à participation publique (Carepp) à des prix insignifiants, largement en deçà de leurs valeurs réelles.

Mais au lieu  de les développer en tant que créneau concurrentiel, ils ont essayé par tous les moyens de changer leur vocation de société industrielle à une société du secteur tertiaire pour  s’enrichir davantage. Et ceci, malheureusement, devant le regard étourdi et le silence absolu des autorités qui leur ont vendu ces sociétés pour les promouvoir industriellement  et non pas pour les mal gérer de manière volontaire avec une intention précise et préconisée.

A la lumière de ce qui précède, l’Etat doit absolument revoir la situation de toutes les entreprises qui ont été vendues dans le cadre de la privatisation en vue de les assister réellement pour qu’elles assurent convenablement leurs différentes tâches conformément à des objectifs préalablement conçus  et aussi contrôler rigoureusement toutes les sociétés industrielles dans le but de  sauvegarder le tissu industriel national.

Et pour conclure ?

J’espère que la société AMS reprendra son activité normale dans les meilleurs délais, que ses employés bénéficieront de leurs émoluments incessamment, que ses dirigeants assureront les différentes actions prioritaires tels que le dédouanement des matières premières déjà au port, l’approvisionnement des marchandises à partir du marché local en vue de réactiver le cycle d’exploitation et d’exportation de la société,  que les autorités monétaires assisteront et soutiendront véritablement ce fleuron de l’industrie tunisienne qui ne peut que participer considérablement au développement continu du secteur industriel  stratégique.

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