«Si vous trouvez que ce bouquin ne fait pas rire du tout, c’est qu’il a atteint ses objectifs», annonce avec un cynisme, qui lui est étranger, notre ami Lotfi Ben Sassi.

Les vieux, eux, n’ont pas ri. Ou alors jaune. Il est vrai que les BokBok nous avaient habitués à plus de légèreté, et que leur humour, grinçant, certes, était plus optimiste. Mais bon. C’est Lotfi Ben Sassi. On lui pardonne ses coups de blues, et cette volonté quelque peu cynique de nous les faire partager.

Car il avoue : c’est son entrée dans le temps des retraités qui lui a inspiré ce dernier opus. Encore que cet hyper actif ait une retraite des plus pleines et des plus créatives, qu’on le voit sur plusieurs fronts déployer son imagination, toujours au service du sourire. Et qu’on continue de se demander, chaque fois, «mais où donc a-t-il trouvé cela ?».

Alors «On fait quoi du vieux ?» se donne pour enjeu d’évoquer avec acuité, d’un trait acéré, quelquefois venimeux, souvent désabusé, cet âge que l’on dit vénérable.

Les vieux de Lotfi Ben Sassi — encore que quant à moi, j’aime toujours citer mon grand- père qui disait : je ne suis pas un vieux monsieur, je suis un monsieur âgé — ces vieux-là sont lucides et naïfs, désespérés et optimistes, curieux et revenus de tout, paillards et austères, drôles et tristes, résignés et impatients, audacieux et fatalistes.

En un mot, ils sont comme tout le monde, humains, fragiles, sensibles, émouvants.

Pour racheter le coup, pour dérider le lecteur, Lotfi Ben Sassi invente des situations où l’absurde devient possible, où le possible devient irréel, où le rire affleure et console. Et où l’on se dit que tout âge a ses charmes. Même la vieillesse. Pardon ! Le grand âge.

Bien sûr, parce que Lotfi Ben Sassi ne fait jamais rien comme tout le monde, il accompagne son ouvrage qu’il signait la semaine dernière d’un OCNI — objet curieux non identifié.

Une boîte de conserve était présentée au public : conserve de temps ? D’humour ? D’images ? Tout cela à la fois : une fois ouverte, elle révélait une collection des dernières tribulations des BokBok, et faisait sourire même les vieux.

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