Passé, en fin de compte, le gouvernement Mechichi. Passé, mais un peu comme prévu, loin de convaincre son monde, adversaires comme partisans. Loin de garantir quelque espérance de sortie de crise. Loin de rassembler. Loin de rassurer. Moult raisons.

Et d’abord, et avant tout, une raison d’«identité».

La «formule» de départ plaidait pour un gouvernement «technocratique, hors partis politiques». Mais un doute, un gros doute, s’est installé depuis. Les parcours qui ressortent contredisent les CV. De même que les «dossiers». La «blancheur virginale» que Mechichi  conférait à sa «troupe» a vite fait de se dissiper. Mardi à la séance de  vote, on n’en parlait même plus.

Autre «appartenance  battue en brèche»: ce gouvernement est-il vraiment  le  gouvernement de Kaïes Saïed, le «gouvernement du président» ?

Rien n’est moins sûr, désormais. L’affaire Walid Zidi, encore que n’intéressant que la culture (une «non priorité» ?!?!), a révélé comme un désaccord «larvé» entre Kaïes Saïed et son candidat. Vrai ou faux, il n’importe. Cela a, semble t-il, suffi pour que les mastodontes de l’ARP, Ennahdha et Qalb Tounes, réintègrent le «jeu». De sorte qu’on ne sait plus tout à fait aujourd’hui : Mechichi est il un vrai chef de gouvernement ? N’est-il que le premier ministre de «Carthage» ? Ou alors a-t-il, un peu à l’instar de Youssef Chahed, décidé de jouer sur les deux «tableaux» ?

Raisons d’opportunité, ensuite. Le contexte se prête-t-il à une  telle bataille de pouvoir ? Tout le monde pense que non, tout le monde songe au pire, voit venir le danger, pour l’économie, pour la société, pour la santé. Les élus, les gouvernants, le président, eux, en parlent, soit, s’en enflamment même, mais il est clair qu’ils préfèrent tous garder les commandes, partager «un butin».

Raisons de compétence, pour finir.

Etre technocrate, être spécialiste, n’y pourvoit pas toujours. Les situations de grande crise, comme celle  que vit le pays ces dernières années, ne se résolvent pas  avec des «équations de génie».Mais, aussi, avec du savoir-faire et de l’expérience politiques. Illusion que croire qu’il n’y a pas un lien de compétence entre technicité et politique. Entre science et expérience.

Le gouvernement de Hichem Mechichi a franchi le «cap de confiance» mardi dernier. Large score obtenu. Attendu.Mais la ceinture parlementaire ne peut, ne doit, tromper personne. L’impression, le sentiment, est que nous avons, encore, des jours difficiles devant nous.

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