Tous les indicateurs économiques mettent en relief l’échec du plan de développement 2016-2020 et soulignent l’énorme écart entre les résultats réalisés et les objectifs escomptés. 

L’une des missions les plus ardues qui sont imparties au gouvernement Mechichi serait la conception et l’élaboration du plan quinquennal 2021-2025. La tâche dont serait chargé le nouveau département de l’Économie, nouvellement créé suite au regroupement des ministères des Finances et de l’Investissement (MDCI), est certes délicate, vu l’enchevêtrement des priorités économiques et sociales du court et du moyen terme qui doivent être traitées en urgence  sur fond de  conjoncture internationale économique  incertaine.

Préparé en collaboration avec les autres ministères et commissions sectorielles, le document doit traduire la vision du gouvernement en matière de développement.

Quelles priorités pour le gouvernement ?

“L’approche du gouvernement est basée sur l’identification d’une formule consensuelle pour le partage des charges, en attendant l’amélioration de la situation, outre le renforcement de la souveraineté nationale et la réalisation des objectifs de la sécurité énergétique et alimentaire. Stopper l’hémorragie des finances publiques et des équilibres macroéconomiques sera notre priorité absolue sur le court terme. L’exécution des programmes qui visent l’amélioration progressive de la situation économique et sociale et la mise en œuvre des grandes réformes seront nos priorités sur le moyen et le long terme”, a, ainsi, décrit M. Hichem Mechichi les objectifs tracés par son équipe gouvernementale, dans son discours prononcé lors de la séance plénière du mardi 1er septembre qui a été consacrée au vote de son gouvernement.

Énumérant les principaux indicateurs économiques, Mechichi a dressé un tableau noir d’une économie malade qui marche à reculons et qui se ressent d’une instabilité politique et gouvernementale chronique. Une  dette qui atteindra les 80 milliards de dinars avec la fin de cette année, un service de la dette de 18 milliards de dinars, (soit le double du budget du développement ce qui traduit, selon ses dires, l’incapacité de l’Etat de jouer son rôle de développement-), une baisse de l’épargne et du taux de l’investissement qui est passé de 24 % en 2010 à 13 % ainsi qu’un taux de chômage effrayant qui dépasse les 15%.

On tablait sur une croissance moyenne de 4% !  

En effet, tous ces chiffres ne font que  refléter l’échec du plan de développement 2016-2020 et souligner l’écart entre ce qui a été réalisé et ce qui est escompté. Rappelons donc que le plan quinquennal 2016-2020 table à terme, sur un taux d’investissement de 25%, un chômage de 12%, un taux d’épargne de 18%, une  croissance moyenne  de 4% et un taux de pauvreté de 2%. Aucun de ces objectifs n’a été atteint. Pis encore, la situation s’est aggravée par rapport à 2015 et avec la survenue de la crise sanitaire, elle risque de s’enliser dans un cercle vicieux. Une étude d’évaluation du plan de développement 2016-2020, réalisée en 2019 par Solidar Tunisie, souligne un certain irréalisme des projets du plan.

Elle soulève également une incohérence entre les objectifs de chaque projet et les lois des Finances successives, c’est-à-dire une sorte de dissonance entre les départements des Finances et de l’Investissement (le ministère qui chapeaute la conception du plan d’une manière participative avec les autres départements et commissions sectorielles).

“Les objectifs du plan sont à peine évoqués dans les lois des Finances. L’absence de mécanismes institutionnels qui permettent la coordination des activités liées à la gestion financière à court terme (loi des Finances), avec l’analyse des politiques d’investissement à plus long terme, a accentué les problèmes inter-temporels des décisions économiques, ce qui a entraîné des difficultés d’adaptation rapide du plan aux évolutions de la conjoncture”, explique-t-on dans le rapport.  Éviter, donc, de répéter les erreurs du passé sera le grand défi auquel doit faire face le nouveau gouvernement. Et avec le démarrage, au mois d’août dernier, des travaux d’élaboration du Plan quinquennal de développement 2021-2025, le compte à rebours a commencé pour fignoler le document avant la fin du mois d’août de l’année 2021.

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