En l’absence de budgets dédiés, chaque établissement scolaire essaie, avec les moyens du bord, d’appliquer et de faire respecter le protocole sanitaire. Si la volonté y est…

C’est avec beaucoup d’inquiétude et d’appréhension que les élèves ont regagné, cette année, les bancs de l’école. La propagation de l’épidémie a tout chamboulé. Et les parents, qui sont d’habitude très soucieux à chaque rentrée scolaire, ne savent plus où donner de la tête, avec cette organisation exceptionnelle taillée sur mesure pour assurer une reprise progressive. Hier, c’était le jour de la rentrée scolaire des élèves des premières années de chaque cycle. Il est presque 8h, lorsque les parents, accompagnés de leurs rejetons, se sont rassemblés devant le collège Jean-Jaurès de Tunis. Le thermomètre pistolet à la main, le concierge mesure la température des nouveaux écoliers à l’entrée de l’établissement, tout en vérifiant si le port du masque est respecté par les écoliers. Priés de rester à la porte, les parents patientent devant l’établissement, papotent entre eux, n’ayant cure de l’impératif de la distanciation physique. “ Evidemment qu’on a peur que nos enfants contractent le virus. Mais la vie doit continuer. Sans réagir hystériquement, nous devons respecter les mesures de protection recommandées et essayer de cohabiter avec le virus”, déclare Zakia qui attend son fils devant l’établissement. Après une heure passée, les collégiens commencent à affluer, après avoir récupéré l’emploi du temps,. “On nous a expliqué qu’il faut garder nos distances avec nos camarades. Les emplois du temps ont été organisés suivant des horaires décalés : chaque classe est répartie  en deux groupes dont chacun va alterner entre les jours de repos et de cours. La reprise des cours sera, réellement, à partir de la semaine prochaine”, explique le petit élève Rayan, dérouté par cette nouvelle organisation inintelligible pour lui. 

Des dépenses supplémentaires

Le gel hydroalcoolique n’est guère disponible, c’est aux parents de s’en procurer pour leurs enfants. Un budget supplémentaire qui s’ajoute aux frais de la rentrée scolaire déjà exorbitants. “Lors d’une réunion du corps enseignant qui s’est tenue, hier, le directeur de l’établissement nous a expliqué que la désinfection de l’école  nécessite un budget de 20 mille dinars par semaine! Une somme faramineuse que l’établissement scolaire ne peut provisionner. En ce qui concerne la reprise des cours, il a fait savoir que la priorité des enseignants est de se préparer psychologiquement et remettre en selle  les élèves après une rupture qui a trop duré. Les surveillants sont chargés de faire comprendre et respecter les consignes sanitaires aux enfants”, précise Samia, une enseignante d’éducation sportive au collège préparatoire Avicenne 3. 

Au lycée pilote Bourguiba, deux jeunes lycéennes dynamiques,  actives dans le club Croissant rouge du lycée, s’affairent à distribuer du gel hydroalcoolique à leurs camarades et leur rappellent l’impératif de maintenir entre eux la distance d’un mètre. “ Le club Croissant rouge du lycée a tenu des sessions de formation pour les surveillants et pour les  enseignants afin de sensibiliser tout le monde aux consignes sanitaires et à l’importance de les faire respecter. Les classes du lycée sont spacieuses, donc on a essayé de maintenir une distance de 1,5 mètre entre les pupitres. Aussi, on a préparé une salle de quarantaine pour les cas suspects”, affirme Samia Zeribi, la proviseure du lycée. 

Appliquer le protocole dans les écoles primaires: une tâche fastidieuse

A vrai dire, faire respecter les gestes barrières aux  petits enfants est la tâche la plus fastidieuse. C’est pourquoi il est difficile d’appliquer le protocole sanitaire, essentiellement les mesures de distanciation physiques dans les écoles primaires. C’est ce qu’en tout cas a affirmé  Amel Messoudi, directrice de l’école primaire des Jardins d’El Menzah 2, qui a recouru au marquage au sol pour simplifier la tâche aux petits enfants. Elle témoigne : «On a supprimé la récréation pour limiter le contact entre les enfants. Tous les enseignants portent des masques et des visières  qu’on a acheté par nos propres moyens. Idem pour le gel hydroalcoolique et les produits hygiéniques. Faute de budget conséquent, c’est aux parents d’en procurer à leurs enfants. Quant à la distanciation physique dans les classes, il est vraiment difficile de maintenir une distance d’un mètre entre les pupitres, vu l’espace très étroit dans les classes, sachant qu’une classe primaire compte à peu près 16 élèves».

Réduire le contact entre élèves, supprimer la récréation, porter obligatoirement le masque, etc. tant de consignes pour protéger les enfants contre l’épidémie. Mais, les élèves vont apprendre, cette année, dans des conditions atypiques, inédites où ils doivent s’habituer à “garder leurs distances”. 

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