Les JCC 2020 se dérouleront sous le spectre du coronavirus, elles se veulent une session qui installe une réflexion, se projette dans l’avenir et questionne le passé. Les JCC des temps présents : «Quel avenir et quel devenir ?» sera le thème du forum qui aura lieu le 8 novembre autour de tant de questions cruciales qui structureront l’évolution de notre festival et dessineront ses nouveaux contours.

Quatre panels ont eu lieu pour réfléchir et partager de nouvelles visions et stratégies pour un meilleur avenir des Journées cinématographiques de Carthage. Industrie, marché et diffusion, rayonnement et mémoire et archives furent les principaux axes de ces rencontres, qui tendent à porter un éclairage sur un festival bien planté dans son identité et qui œuvre, au fil des éditions, à développer ses visions et déployer ses visées.

Un demi-siècle d’existence est un legs lourd d’histoires, d’archives, de souvenirs et d’émotions d’un festival qui, depuis sa création, fut le catalyseur de toute une dynamique culturelle et cinématographique, un festival qui appartient à tous et dont tout un chacun porte en lui un fragment de la mémoire.

Et c’est pour présenter l’essentiel de ces panels que s’est tenue une conférence de presse organisée par le comité directeur des JCC à la salle Sophie-El-Golli de la Cité de la culture.

D’abord, accordons-nous à dire que les JCC sont un festival qui a toujours tenté de suivre constamment le rythme de l’évolution du pays organisateur, la Tunisie, et de son environnement géopolitique. C’est aussi un festival qui s’est démarqué par son identité militante, son appartenance à une région qui est l’Afrique et qui a résisté tout de même à sauvegarder ce trait distinctif.

Les JCC ont aussi connu la prolifération des manifestations cinématographiques dans le monde, et particulièrement dans les pays du Sud ; les effets de l’économie du marché ; l’avènement du printemps arabe ; le progrès des moyens de communication et la naissance des plateformes dédiées au cinéma…Tout cela est en train de bousculer la perception-même de ce qu’on a convenu d’appeler un festival culturel en général et un festival de cinéma en particulier.

Contraintes de suivre leurs mutations, mais aussi de préserver leur vocation et rester fidèle à leurs idées fondatrices, les JCC sont appelées à revoir leurs contours et à réajuster leurs perspectives. Pour se projeter dans une vision d’avenir, il fallait poser un regard sur le passé, la mémoire et l’histoire sont les incontournables assises pour chaque renouveau.

Les JCC 2020, une édition sous le spectre du coronavirus, se voulaient une session qui installe une réflexion, se projette dans l’avenir et questionne le passé. Les JCC des temps présents : quel avenir et quel devenir ?

Des questions d’une importance cruciale ont été soulevées dont : stratégie de médiation, de promotion et de sensibilisation de partenaires tunisiens et étrangers, Les JCC comme levier pour une plateforme de coproduction Sud-Sud/ Sud-Nord, le marché du film : utile ou indispensable, le label des JCC face aux autres festivals du Sud, l’impact du Tanit sur la carrière du film primé.Voir un film ne suffit pas. Il faut surtout le lire et le décoder : le rôle de la critique, la nature et les contours des archives des JCC entre méthodologie de collecte, conservation et mise en valeur, la culture cinématographique et le cadre juridique et le devenir des JCC…

Plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de ces 4 panels : instaurer un cadre juridique pour les JCC, créer une structure permanente élue ou désignée pour un mandat ponctuel autour d’un programme d’action. Établir des protocoles d’accord avec certaines institutions financières (Banques, Assurances…) dont les représentants siégeront comme membres permanents dans le Comité directeur du festival. Adopter un organigramme qui soit au diapason de l’évolution du festival. Collecter les archives, les photos, articles de presse de toutes les sessions des JCC.  Encourager les chercheurs et les critiques à exploiter ce matériau archivistique, en vue de produire des textes critiques, sous différentes formes et organiser des expositions de photos, d’affiches ou d’autres éléments muséologiques. Etablir un ensemble de conventions entre les JCC et des institutions et associations autour de ce programme au service d’une diffusion efficiente de la culture cinématographique auprès du Tunisien et pour un meilleur rayonnement du festival arabo-africain en Tunisie et dans le monde.

Ces diverses recommandations seront soumises au débat et à la discussion lors du forum des JCC 2020, « Hier, aujourd’hui et demain » qui se tiendra le 8 novembre. De ce forum ouvert aux professionnels du secteur et aux différents intervenants de la société civile aboutira un projet de refonte des JCC en tant que structure d’un point de vue juridique, logistique organisationnelle…En plus d’une mise en perspective de ce festival qui est une fierté nationale, dans son nouvel environnement technologique et numérique en perpétuelle évolution.

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