A Sidi Belhassen, patron protecteur de la ville, on trouve porte close, épidémie oblige.

Les saints protecteurs de la ville seraient-ils en colère ? Cette résurgence d’un fléau que l’on croyait endigué serait-elle la manifestation de leur mécontentement ? Le fait est que, à Sidi Belhassen, patron protecteur de la ville, on trouve porte close, épidémie oblige. Fathy, le mharek, personnalité célèbre et emblématique, boude chez lui. C’est que, pour cause de corona, on n’a pu sacrifier aux 14  cérémonies qui, de mai à septembre, balisent  le temps du sacré. Puis, à la fin du cycle, les fidèles qui, en procession, de zaouia en zaouia, ont pour coutume d’effectuer le traditionnel pèlerinage, se sont vu priver de ce cérémonial festif et communautaire. Du coup, les zaouias que l’on visitait au cours des différentes étapes, Sidi Cherif, Sidi Bou Ali, Sidi Bou Saïd ont, elles aussi, manqué ces rencontres qui réunissaient les adeptes en des moments précieux de communauté spirituelle.

Et pourtant ! Protestent les adeptes : Sidi Mahrez, l’autre patron de Tunis, Sidi Brahim Riahi, Lella Manoubia, Sidi Ali Lasmar sont bien ouverts, eux, et reçoivent leurs fidèles sans restrictions autres que celles imposées partout ailleurs. Pourquoi, alors, contraindre Sidi Belhassen à fermer ses portes ? Parce que les autres zaouias relèvent du domaine privé, cependant que Sidi Belhassen dépend de l’autorité de l’Etat est- il répondu. Les mauvais esprits demanderont, alors, si cela influerait de manière quelconque sur son influence, et l’amoindrirait ? N’a-t-il pas autant de pouvoir que les autres saints pour lutter contre le corona en ces temps où tout espoir et soutien sont nécessaires ?

Le moral est important en temps de guerre. Ne mésestimons pas son pouvoir. Rendons son sourire à Fathy, les fidèles en ont besoin.

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Charger plus par Alya HAMZA
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