Les débuts de Walid Zidi aux Affaires culturelles intéressent malgré tout. Malgré le terrible rebond de la Covid-19. Malgré la folle imprudence des foules et l’ambiguïté des choix sanitaires de l’Etat. Ce n’est pas peu.

A vrai dire, ces débuts ne diffèrent pas des sept ou huit qui ont précédé. Et c’est précisément ce qui surprend. Du jeune trentenaire mal voyant, brillant docteur en lettres, on s’attendait à autre chose qu’à ce défilé d’artistes en guise de consultations. Jeunesse et brillance impliquent nouveauté. Et une vieille expérience enseigne qu’on ne consulte en général qu’à défaut de projet.

Trois décennies culturelles pleines enseignent aussi (surtout!) que s’en référer au «seul avis» des artistes ne résout que des problèmes d’artistes. Rarement les vraies, les grandes, questions de la Culture, qui sont des questions d’éducation, de conscience et de connaissance collectives. Qui touchent, également, au contenu et à l’impact des médias.

Ce sens intégral, entier, de la Culture échappe-t-il, de même, à Walid Zidi ?

«L’entrée en matière» le laisse un peu craindre. Les figures de spectacle reçues étaient, pour la plupart, de simples professionnels. Des gens de métier, beaucoup plus que d’idées.

La Com autour du ministre, bon luthiste et amateur de chansons, ne rassure pas non plus. Fin 80, après la belle succession de Klibi, Messaâdi, Ben Slama et autre Basti, le ministère a regorgé de «candidats» musiciens, férus de festivals et d’amphithéâtres grand public. La Culture ne s’est mieux portée depuis.

Petite lueur : Walid Zidi a parlé d’un Conseil supérieur de la culture bientôt. L’idée a germé longtemps. En vain. Elle réapparaît, là, mais avec quel contenu ? Les propos du ministre suscitent un doute. Il y est fait mention, encore, d’artistes exposant «leurs propres problèmes». Et pas forcément des grands problèmes de la Culture, de sa politique et de son projet.

Le mandat Walid Zidi reste peu clair. Ne sont-ce que les débuts ? Oui, mais on a de la peine à croire que ce mandat (exceptionnel en tous points) n’est pas le fruit d’une préparation. D’un projet mûri.

Ou alors c’est, qu’à Dieu ne plaise, la Culture aura poursuivi sur le même train. Même parent pauvre, mêmes budgets modiques, même fréquence de ministres, même absence d’idées, de projets. Mêmes légèretés…

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