Selon une étude réalisée par la Fédération tunisienne des agences de voyages, 98% des agences de voyages exerçant en Tunisie sont menacées de faillite, d’ici fin octobre 2020, si les mesures d’appui financier prises par le gouvernement en faveur du secteur, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, ne sont pas mises à exécution. C’est que la machine de ces vendeurs de rêve qui forment l’épine dorsale du tourisme tunisien et sa première vitrine risque de se gripper, mettant ainsi en péril près de 20 mille emplois directs tandis que plus de 1.300 agences de voyages tunisiennes risquent la banqueroute.

Du reste, les experts ne cessent de rappeler que cette crise du Covid, qui va apposer son empreinte sur de nombreuses années et plus particulièrement pendant la haute saison, menace d’être dure, très dure pour la profession. Et pour cause, les résultats enregistrés pendant cette période de la pandémie ne sont guère rassurants.

Puisque tous les marchés piquent du nez, y compris les marchés maghrébins, dont nos amis algériens et libyens, qui préfèrent rester chez eux. Certes, les effets négatifs de la crise sanitaire se font aussi ressentir au niveau des marchés européens, où la grisaille économique a fait en sorte que tous les acteurs du tourisme tirent le diable par la queue.

Certes, en temps de crise, il est recommandé d’être vigilant, de renforcer et de mieux cibler le travail de promotion, en accroissant notamment les budgets de marketing et les actions de promotion sur les marchés touristiques les plus importants. Car, pour résister mieux que d’autres à la morosité ambiante, il faut anticiper au mieux la nouvelle donne en misant sur la recherche de nouveaux leviers de croissance pour maintenir sa place sur l’échiquier des destinations, où le combat se joue sur l’offre alternative, la qualité des services.

Mais, aussi, il appartient aux professionnels de présenter un produit touristique de qualité, authentiquement tunisien, fruit du brassage des composantes de l’identité nationale dans toute sa richesse, qui élève le produit tunisien au-dessus de la simple vision éculée d’activité d’agrément et de spectacle. Toutefois, il est ahurissant de révéler le désengagement de l’Etat en cette situation de précarité absolue des agences de voyages puisqu’aucun crédit n’a été accordé jusqu’à maintenant à ces opérateurs du tourisme qui ont besoin de fonds pour survivre.

Le comble aussi est de constater la passivité de la Sotugar et des banques qui se regardent en chiens de faïence alors que les agents de voyages sont en train de mourir à petit feu. Au lieu de venir à la rescousse d’un secteur en détresse, l’Etat reste de marbre, regardant cyniquement la crise broyer avec acharnement les agences de voyages alors que le marasme financier passe par là, avec son cortège de crises, faillites bancaires et chômage massif des professionnels.

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