La campagne de vaccination commencera début octobre, avec une avance d’une dizaine de jours par rapport au calendrier habituel. Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas les moyens de payer ?
Il y a deux façons de s’en tirer. La première est de fournir le vaccin aux fonctionnaires. Leurs journées d’absence en cas de grippe valent largement le prix de ce vaccin.

Lorsque nous avions suggéré de préparer un plan B dans un précédent article sur la grippe saisonnière paru sur les colonnes du journal, nous savions, grâce à des recoupements et à une observation minutieuse des réponses et estimations livrées par différentes parties responsables, que ces chiffres et statistiques étaient «politiques». C’est-à-dire qu’elles s’attachent à éviter de créer l’affolement, la panique et de faire ressentir tous genres de craintes.

Avec l’ouverture des frontières, du reste nécessaire et indiscutable au vu de la situation économique du pays, l’indiscipline et l’insouciance des Tunisiens ont bouleversé toutes les prévisions et supputations.

Dans le cas de cette pandémie, il faudrait avant tout se laisser convaincre que ce Covid-19 est proche de la grippe saisonnière que nous connaissons tous. Le monde médical est en train d’en découvrir progressivement les secrets qui aboutiront aux médicaments et au vaccin, mais en dépit de tout ce qu’on veut bien nous «réciter» comme communiqués, le mieux est bien de démystifier cette maladie.

De toutes les façons, pour ce qui concerne la grippe saisonnière, nous savons qu’un très grand nombre d’entreprises font vacciner leurs employés et cadres et que les équipes sportives en font de même. C’est dire qu’un bon nombre de candidats potentiels à la vaccination contre la grippe saisonnière est pris en charge.

Le stock sera-t-il suffisant ?

Que reste-t-il ? Les administrations et ceux qui n’ont que Dieu pour seul soutien. On estime à un peu plus d’un million de sujets devant bénéficier de cette vaccination. Notre stock tourne autour de trois cents mille quatre-vingts doses. On promet de lancer la commande d’une nouvelle quantité, mais… connaissant les difficultés administratives, le doute est permis.

La campagne de vaccination commencera début octobre, avec une avance d’une dizaine de jours par rapport au calendrier habituel. Mais qu’en est-il de ceux qui n’ont pas les moyens de payer ?

Il y a deux façons de s’en tirer. La première est de fournir le vaccin aux fonctionnaires de l’Etat. Leurs journées d’absence en cas de grippe valent largement le prix de ce vaccin.

La seconde est de compenser le prix coûtant (personne ne doit gagner des sous) sur présentation de l’affiliation à telle ou telle administration(ou procéder à la vaccination dans l’enceinte de ces administrations) ou de la carte d’assistance délivrées à une catégorie de citoyens démunis. Le nombre est connu et à moins que les trafiquants, toujours aux aguets, ne trouvent une nouvelle astuce, il est difficile de déjouer les dispositions à prendre. On ne peut pas conserver durant des mois un vaccin qui change tous les ans.

Risque de ne pas s’en sortir

En attendant, on peut se permettre n’importe quel raisonnement, mais le credo de tous les responsables directs ou indirects est bien d’éviter à tout prix de laisser, de livrer le citoyen aux méfaits de la grippe saisonnière conjugués aux points d’interrogation que pose le Covid-19. Dans ces conditions, personne ne s’en sortira et au lieu de commander des vaccins, il n’y aura plus que des commandes collectives aux cimetières qui consentiront à recevoir les futurs trépassés.

La compensation d’un vaccin est bien plus utile, moins coûteuse, que celle que l’on dispense pour le sucre ou le thé qui servent à engraisser au sens propre et au figuré les pâtissiers, les cafetiers et les propriétaires de salons de thé et autres. La décision doit être rapidement prise, car la contamination n’attend pas et un contaminé peut infecter toute sa famille et tout son entourage.

Nous craignons, en effet, la ruée vers les pharmacies avec tout ce que cela suppose comme attroupements et conséquences. Nous devons expliquer qu’un vaccin est un produit pharmaceutique délicat qui doit être manipulé, transporté et conservé dans des conditions bien spéciales et que le fait d’en acheter pour le stocker à la maison est dangereux. Rien, en effet, n’interdit l’achat direct et le pharmacien n’est pas tenu de l’inoculer à l’achat. Il faudrait faire campagne et prévenir cette éventuelle montée de crainte, pour prévenir tout stockage malveillant.

Les écoles fermées

Deuxième point soulevé, les cours à dispenser si les écoles sont appelées à fermer. Il y a eu quelques décisions de fermeture. Que deviendront les élèves de ces établissements?

Nous avions suggéré de réserver la seconde chaîne nationale (qui, actuellement, nous livre des tirades contestables dont personne ne tire profit), à des cours réguliers pour rattraper les mois de fermeture de l’année scolaire passée, et assister ceux qui n’ont pas les moyens de suivre des cours particuliers en cas d’urgence de fermeture.

Aucun frémissement du côté des responsables de cette question. On commencera à bouger comme d’habitude dans quelques mois, lorsqu’il sera trop tard et difficile de résorber le temps perdu.

De nouveaux problèmes, de nouvelles complications pour un gouvernement déjà sous pression, mais gouverner c’est prévoir et aussi réagir au quart de tour.

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