Empruntant le mythe de Narcisse, personnage de la mythologie grecque qui tomba amoureux de son reflet, le terme «narcissisme » a été utilisé par la psychanalyse pour décrire une condition pathologique. C’est grâce à Sigmund Freud, père de la psychanalyse, que ce concept apparaît dès 1910.

Dans le livre d’Ovide, «Les Métamorphoses», on peut lire ce qui suit :

«Narcisse vient près d’une source limpide et pure pour apaiser sa soif. En regardant le reflet de son visage, il s’extasie devant lui-même ; (…) il admire tout ce qui le rend admirable. Sans s’en douter, il se désire lui-même; il est l’amant et l’objet aimé (…)». Désespéré de ne pas pouvoir assouvir son amour, de l’impossible étreinte, Narcisse dépérit et meurt. Il est alors transformé en un narcisse, la fleur qui porte son nom».

Aujourd’hui, le terme «narcissisme» est utilisé en référence à une préoccupation ou un intérêt lié à la personne même, sur un continuum, de la normalité à la pathologie, c’est-à-dire, au trouble de la personnalité narcissique.

Dans la culture populaire, le narcissisme est souvent interprété comme une caractéristique de la personnalité qui conduit à être en amour avec soi-même. Mais pour comprendre le sens du «narcissisme», nous devons faire recours à la psychologie.

D’un point de vue psychologique, nous parlons de pathologie narcissique pour une personne qui est amoureuse de sa propre image, souvent idéalisée, construite par elle-même, fragile et évanescente.

Qui est-il donc le narcissique ? Il s’agit d’une personne qui a besoin de créer un puissant et grandiose «Moi» souvent faux, pour se défendre d’une angoisse très forte qui le pousse à se sentir une nullité.

Bien sûr, ce sont des processus et des comportements inconscients que le narcissique n’admettra jamais et qu’il ne saura pas mettre en pratique. Il utilise les autres pour obtenir la gratification et l’auto-confirmation.

Le problème du narcissique dépend du fait qu’il blesse souvent les gens de son entourage. Les premières fois qu’on a affaire avec un narcissique, on peut être très blessé, mais une fois qu’on le côtoie, on apprend immédiatement à le reconnaître.

Le narcissique aime parler de lui-même, et il ne donne pas la chance d’instaurer un dialogue, c’est-à-dire d’avoir une conversation à double sens. Si la personne est face au public, vos opinions seront sûrement corrigées, rejetées, ou même ignorées.

Une preuve supplémentaire, qui témoigne d’un soliloque narcissique, est l’interruption continue de la conversation de la part de votre interlocuteur qui, luttant pour se mettre en évidence, tente de ne plus vous considérer.

Bref, le narcissique montre très peu d’intérêt pour les autres, et ce petit peu n’est certainement pas authentique !

Mais on peut aussi avoir un narcissisme sain qui caractérise souvent les gens charismatiques, affirmés et confiants, qui, galvanisés par les compliments et les louanges, gagnent souvent la renommée et la reconnaissance dans leur communauté. Ce sont des hommes et des femmes très déterminés, des gens autonomes et capables d’engager et d’adopter un leadership empathique. Souvent, ces personnalités sont devenues ainsi, après avoir surmonté un passé orageux et turbulent grâce à la thérapie ou à la rencontre chanceuse avec un enseignant, un ami ou un mentor. Certaines personnes, qui réussissent, tombent dans la catégorie du narcissisme sain, aux côtés des narcissiques ambitieux et rampants qui n’ont pas de scrupules pour marcher sur les cadavres de leurs ennemis.

Charger plus d'articles
Charger plus par Alfonso Campisi
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire