L’attraction des investissements extérieurs tient compte de plusieurs critères dont celui de la stabilité politique qui n’est pas toujours établie depuis le 14 janvier 2011. Le rythme de changement de gouvernement se fait assez vite ne permettant pas à l’équipe gouvernementale d’examiner et de traiter les dossiers socioéconomiques brûlants. Certains ministres ne sont restés que quelques mois dans leur département avant d’être invités à laisser leur place à une autre personnalité politique. Il semble que le système politique actuel ne favorise pas la stabilité politique et, partant, ne permet pas de mettre en place une dynamique économique soutenue.

De plus, chaque ministre nouvellement nommé efface la stratégie mise en place par son prédécesseur pour appliquer la sienne, ce qui nécessite beaucoup de temps. On constate, en effet, que la continuité de la politique n’est pas assurée, chaque ministre voulant imposer son point de vue et laisser une trace et une empreinte personnelle. A cela s’ajoutent les tiraillements politiques des différents partis sur des sujets qui n’ont rien à voir avec les affaires proches des préoccupations des citoyens et des hommes d’affaires. Ces discussions stériles font également perdre beaucoup de temps et ne sont pas dans l’intérêt de la population. Plusieurs projets de loi — dont la ratification de conventions de financement avec des pays tiers — sont dans les tiroirs de l’Assemblée des représentants du peuple, et ne sont pas encore examinés avant leur approbation. Certaines conventions doivent être approuvées avant une date précise sous peine d’être annulées. Pendant ce temps, on continue à s’échanger des critiques virulentes, parfois personnelles, qui n’ont aucun lien avec le quotidien des citoyens. Un autre élément important à mettre en exergue dans ce contexte concerne l’harmonie entre la présidence de la République, la présidence du gouvernement et l’Assemblée des représentants du peuple qui sont appelées à travailler en symbiose en coordonnant davantage leurs actions pour pouvoir préparer des projets de loi qui intéressent la vie des citoyens et stimuler l’investissement et les échanges commerciaux.

Une opposition excessive et farouche risque de faire tomber à l’eau tout projet de nature à hisser le niveau économique. Certains partis s’opposent, parfois, dans le seul but de faire échouer le projet de l’autre parti rival sans tenir compte des intérêts supérieurs de la nation. Tous les partis politiques, quelles que soient leur orientation et leur vision des choses, doivent travailler ensemble et s’entendre sur les différents dossiers présentés pour rattraper le retard enregistré et aller plus vite vers le progrès et le développement de la nation. Tout cela pour dire que le système politique adopté après la révolution tunisienne n’a pas réalisé ses objectifs à l’échelle politique et économique.  Le temps est venu de penser à revoir ce système en donnant plus de prérogatives au chef de l’Etat qui demeure le premier responsable de la gestion du pays et qui doit travailler en toute cohésion avec le chef du gouvernement et le parlement pour que les projets de loi soient traités avec la fluidité requise et se répercutent ainsi sur la vie socioéconomique qui a connu une dégradation notable au cours de ces dernières années.

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Charger plus par Chokri GHARBI
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