Même s’ils se sont appliqués à respecter la thématique générale imposée, ces artistes ne se sont pas «fondus» dans l’œuvre collective. Chacun a su et réussi à préserver ses propres cachet, univers et ambiance…


En ces temps qui courent, nous volons des moments d’Art, des instants furtifs de délectation esthétique. Mais aussi furtifs et éphémères soient-ils, ils sont ô combien essentiels dans notre vie : ils y apportent lumière et enchantement. Cette fois, c’est le musée Safia-Farhat à Radès qui nous a ouvert ses portes pour sa troisième exposition de groupe réunissant vingt-quatre artistes sous le thème du paysage. Des artistes habitués au lieu pour leur grande partie, mais, surtout, triés sur le volet par la commissaire de l’exposition Aicha Filali. Nous avons nommé Abdesslem Ayed, Intissar Belaid, Mohamed Ben Soltane, Mohamed-Ali Berhouma, Nader Boukadi, Omar Bsaïes, Hela Djebby, Slimen, Aïcha Filali, Emna Ghezaiel, Slim Gomri, Adnene Haj Sassi, Besma Hlel, Nadia Jelassi, Imed Jemaiel, Halim Karabibane, Raouf Karray, Hedi Khelil, Sadri Khiari, Aleksandrov Işıl Kurmuş, Hamda Saïdi, Insaf Saada, Nabil Saouabi et Ekram Tira.

«Paysage», terme générique que les artistes se sont amusés à s’approprier, chacun à sa manière, à revisiter et à renouveler son contenu jusqu’à le charger d’une nouvelle acception. Le terme a été pensé dans ses sens propres comme au figuré ; résultat : autant de paysages, de représentations, de démarches, de points de vue conceptuels et plastiques que d’artistes. Même s’ils se sont appliqués à respecter la thématique générale imposée, ces derniers ne se sont pas «fondus» dans l’œuvre collective. Chacun a su et réussi à préserver ses propres cachet, univers et ambiance, d’ailleurs reconnaissables, pour la plupart, à la première vue. Malgré la prépondérance de la peinture, l’installation, la vidéo et même la mosaïque n’étaient pas en reste. Le paysage est abordé dans toutes ces facettes, appréhendé différemment, personnellement, à travers des médiums et des techniques aussi différents les uns des autres. D’où toute la richesse de cette exposition résolument contemporaine, dans le sens esthétique du terme. Mais malgré cet éclectisme de styles, un fil d’Ariane est là, un chemin se trace. A ce propos, Aicha Filali écrit dans son texte de présentation : «Dans ce dédale de chemins, formant également Paysage, chaque artiste a tissé sa part de cette trame enchevêtrée, élargissant l’acception du terme et des pratiques qu’il convoque. Les histoires personnelles des uns et des autres, les récits de soi s’effacent peu à peu devant la magie de la plasticité mise à l’œuvre».

Ce qui est intéressant également dans cette exposition de groupe, c’est que chaque artiste est invité à accompagner son œuvre d’un petit texte qui figurera dans le catalogue, trace importante pour tout acte artistique. Un exercice intellectuel primordial pour soutenir tout voyage esthétique.

Le musée Safia-Farhat fait son expo et ses expos collectives annuelles sont devenues une tradition et se sont imposées, par leur qualité, comme un rendez-vous incontournable du paysage artistique national, attendu par les professionnels et les amateurs de l’Art. Cette année, Covid oblige, le vernissage toujours attendu, événement dans l’événement, n’a pas eu lieu afin d’éviter tout risque de contamination. Sage décision même au risque de perdre en visibilité et en fréquentation. Mais les temps sont graves…

«Paysage» se poursuit jusqu’au 1er novembre, une exposition à ne sous aucun prétexte !

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