En plus de 50 années de carrière, Naâma a représenté, voire incarné, à nos yeux, l’idéal du chant et de la voix dans le pays. Le timbre net, doux et caressant et le chant simple et performant, propre au terroir.

Naâma nous a quittés hier. Ce départ, nous le redoutions. La diva supportait de moins en moins son mal. Cédait, comme en un « ultime combat ».

Ce départ, nous avons mal à l’admettre pourtant. Tous que nous sommes. Auditeurs, admirateurs, jeunes et moins jeunes, anciens et nouveaux.

La raison ? En plus de 50 années de carrière, Naâma a représenté, voire incarné à nos yeux, l’idéal du chant et de la voix dans le pays. Le timbre net, doux et caressant, et le chant simple et performant, propre au terroir.

Mieux : cette voix et ce chant ont traversé les époques. Intacts aux tout débuts (années 60, arrivée d’Azmour et entrée à la Rachidia), conformes aux attentes et aux goûts jusqu’à nos jours. Les chefs-d’œuvre ne se comptent pas. Fruits d’une collaboration du meilleur choix, Salah el Mehdi, mentor de toujours, Mohamed Triki, Adelahmid Sassi, Chedly Anouar, Mohamed Ridha.  Et le nec plus ultra des poètes et des paroliers. Des « éternelles » perdurent depuis. On cite et on en omet : « Nadhra min ainik », « Zaâma yissafi eddahr », « Ya najmana ettalaa », haut, très haut, des populaires et des entraînantes, « Salha », où l’inimitable « Ainik echchhol ».

Plus qu’un répertoire, un patrimoine. Une page de l’histoire  musicale d’une nation.

Tant de mal, aussi, à admettre ce départ, pour les amitiés vécues et les beaux souvenirs laissés. Naâma avait bon cœur et bonne humeur. Elle s’entendait surtout avec les journalistes. La caste n’était pas forcément commode au lendemain de l’indépendance. Mais l’enfant prodige débarquée d’Azmour savait y faire  dans l’art d’entretenir des relations.

Que d’évocations en ce qui nous concerne, ici, début 70, puis, sous d’autres titres, années 80. Des rencontres toujours intéressantes, toujours réussies. On y revient là, et le cœur se noue. Nous y reviendrons encore tantôt. Ebranlés, certes encore, mais avec le plaisir insigne d’être fidèle à la grande artiste et à… l’amie.

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