Une campagne numérique qui a pour slogan « La violence numérique est un crime : Même ici, il sera poursuivi » a été lancée depuis avant-hier, 19 octobre, et se poursuivra jusqu’au 2 novembre prochain sur le réseau social Facebook. Objectif ? Sensibiliser, entre autres, les citoyens quant aux répercussions phycologiques négatives  de la violence infligée aux femmes.

Le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif) a lancé, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population en Tunisie (Unfpa), une campagne numérique, sur le réseau social  facebook, avec différents supports médiatiques, comportant des capsules, des cartons et très prochainement des  témoignages  de femmes qui ont subi des violences via les réseaux sociaux, afin de faire connaître au grand public les effets néfastes de  la violence digitale infligée aux femmes et sensibiliser les jeunes utilisateurs des réseaux sociaux  quant aux dangers de ces pratiques sur la psychologie des femmes violentées et le risque qu’ils courent judiciairement  en pratiquant la violence digitale. « En tant que centre de recherche, nous travaillons sur cette problématique, à savoir la violence à l’encontre des femmes dans l’espace public mais aussi dans l’espace virtuel, à savoir les réseaux sociaux. Depuis l’année  2016, nous avons fait une étude sur la violence à l’encontre des femmes dans les espaces publics  et qui a montré que 53,5 % de femmes ont été victimes, au moins une fois, de violence dans l’espace public », nous déclare la directrice du Centre de recherches, d’études de documentation et d’information sur la femme, Nejla Allani.

Et de continuer : «En 2017, nous avons également lancé une autre campagne de sensibilisation dans les transports publics qui avait pour slogan ‘‘le harceleur ne monte pas avec nous’’. Dans cette même  continuité et pour lutter toujours contre la violence dans les espaces publics et virtuels, nous avons réalisé l’année dernière, en 2019, une étude exploratrice sur la violence numérique à l’égard des femmes, en prenant facebook comme exemple. Les  recommandations de cette étude  nous ont poussés à lancer la campagne actuelle, car  les résultats de cette étude ont montré que 89% des femmes ont subi une violence digitale, c’est-à-dire quatre femmes sur  cinq ont été agressées sur les réseaux sociaux. 95%  de femmes qui ont subi cette violence n’ont pas porté plainte pour de multiples raisons, dont notamment la peur du regard de la société… ».

Parmi les résultats de cette   même étude  réalisée en 2019, on note que  89% de ceux qui ont commis  cette violence appartiennent aussi bien à la gent masculine que féminine mais dont 70% sont des hommes.

Aujourd’hui et avec cette campagne numérique qui s’étale sur une quinzaine de jours, nous essayons de sensibiliser les gens qui pratiquent la violence digitale quant aux effets néfastes et aux  répercussions psychologiques négatives qu’ils peuvent causer à leurs victimes, car, selon l’étude réalisée l’année dernière, nous estimons que 78%  de victimes de violence digitale ont souffert de dépression, d’isolement social…

« Nous encourageons de la sorte, par le biais de cette campagne, à briser le silence, à aider les femmes à en parler, à déposer des plaintes auprès des autorités et à faire connaître à tous  les citoyens que la violence qu’elle soit réelle, dans l’espace public ou virtuelle, sur les réseaux sociaux, est un crime et que celui qui commet ce crime peut être poursuivi et  sanctionné par la loi », note encore  la directrice du centre.

A préciser également, toujours selon l’étude menée l’année dernière sur la violence numérique, que  51% de femmes ont été victimes de violence verbale sur le réseau social  facebook  d’où l’importance de cette campagne pour lutter contre ces formes de violence. La  campagne de sensibilisation est visible actuellement et jusqu’au 2 novembre prochain  sur le réseau social facebook et la page officielle du centre Crédif.

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