Les banques sont appelées à travailler en toute transparence et à fournir les données qui leur sont demandées par la BCT sous peine de subir des sanctions assorties d’amendes. Elles doivent également faire preuve de prudence lors de l’octroi de crédits pour préserver les équilibres financiers

D’après les prévisions établies, l’année 2019 sera une année économique difficile pour diverses raisons. Les banques de la place seront mises à rude épreuve pour fournir des crédits aux entreprises, et ce, à cause de la rareté des liquidités.

Au cours des prochaines années, les banques de la place s’orienteront vers la cohabitation pour créer des institutions bancaires capables de contrecarrer la concurrence, selon M. Marouane Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT). L’objectif est de mieux servir les entreprises en mettant à leur disposition les financements nécessaires pour qu’elles puissent financer leurs projets et préserver les postes d’emploi existants.

Cependant, ces banques doivent observer les règles de prudence pour éviter un déséquilibre financier qui pourrait avoir des impacts négatifs sur leurs activités. Les crédits douteux doivent être éliminés dans les comptes des banques. Ces dernières ont intérêt à miser sur la transparence et la concurrence loyale dans un environnement rigoureux. Plusieurs banques étrangères commencent, d’ailleurs, à s’installer chez nous offrant des services fort alléchants à des clients exigeants parmi les particuliers et les chefs d’entreprise.

Des amendes aux contrevenants

La BCT ne va pas, en tout cas, rester les bras croisés car elle va infliger des amendes à un certain nombre de banques de la place qui n’ont pas respecté le système bancaire qui les oblige à fournir les données demandées par la BCT. On a constaté également des dépassements liés à l’octroi des crédits. Les banques sont appelées à rationaliser les crédits pour ne pas dépasser le seuil toléré. Certes, l’activité première d’une banque et de fournir des financements à travers les crédits octroyés à ses clients, mais quand les liquidités manquent, il faut faire preuve de prudence quitte à refuser le financement des projets peu rentables ou inefficaces dans le contexte actuel.

Il est à noter qu’un projet de loi relatif aux garanties mobilières permettra de réduire les risques auxquels s’exposent les banques lors de l’octroi des crédits, ce qui est de nature à réduire le recours des entreprises particulièrement de petite et de moyenne taille au financement parallèle. On sait, depuis longtemps, que les chefs d’entreprise qui désirent contracter de gros crédits sont obligés de présenter comme caution un bien immobilier. C’est une condition indispensable pour prémunir les banques contre les risques encourus et au cas où le projet envisagé ne connaîtrait pas la réussite escomptée.

La loi en question stipule la création d’un registre électronique pour les garanties mobilières où tous les biens mobiliers seront enregistrés par les entreprises sous forme de garanties. Toutes les banques sont déjà digitalisées et ont intégré les données de leurs clients dans des bases de données facilement consultables. Les clients pourraient également effectuer certaines opérations à distance sans être obligés de se déplacer.

Une nouvelle phase de développement

Les banques ne se limiteront pas désormais à financer les chefs d’entreprise et les particuliers mais aussi l’Etat qui a contracté récemment des prêts auprès d’elles. A défaut de sortir sur le marché financier international, l’Etat a préféré se tourner vers les banques de la place pour s’approvisionner en devises à travers des crédits remboursables selon des échéances précises. Cette opération présente des avantages aussi bien pour les banques que pour l’Etat emprunteur. L’Etat ne peut, toutefois, recourir à la Banque Centrale de Tunisie car cela risque de nuire à l’indépendance de cette dernière.

Il va sans dire que les banques ne ratent aucune occasion propice pour faire des bénéfices conséquents. Et quand on a un client aussi puissant que l’Etat, on peut imaginer les recettes qui pourraient être engrangées suite à l’octroi des crédits. L’Etat a besoin d’argent, dans le contexte actuel, pour boucler le budget qui comprend plusieurs dépenses pour la réalisation des projets programmés. Les dépenses sont devenues immenses au cours de ces dernières années, ce qui a incité le FMI à recommander à notre pays de réduire le déficit budgétaire en prenant les mesures appropriées.

La Tunisie est appelée à relever plusieurs défis au cours de la prochaine étape et les banques peuvent soutenir ce développement par l’octroi des financements nécessaires à des conditions avantageuses. Elles doivent continuer, cependant, à jouer leur rôle pionnier en matière de financement des investissements privés qui sont le moteur et le catalyseur de la croissance et de la création des nouveaux postes d’emploi dans toutes les régions. Cette participation au développement doit être accompagnée de mesures prudentielles à tous les niveaux pour éviter d’aggraver la situation financière des banques.

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Un commentaire

  1. Selmi Mohamed

    16/05/2019 à 08:52

    bonne article

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