La société « Les Ateliers Mécaniques du Sahel » (AMS) demeure toujours au statu quo. L’usine est toujours fermée, les employés sont  non seulement  en chômage forcé, mais également   n’ont pas perçu leurs émoluments jusqu’à ce jour et vivent dans des situations sociales très difficiles, les responsables régionaux et gouvernementaux n’emploient pas assez d’efforts nécessaires  pour mettre un terme à cette mascarade. 

L’Ugtt se montre incapable de  soutenir les employés et toutes ses actions ont été vouées à l’échec. Même le propriétaire de l’usine, agacé et abasourdi, n’a pas réussi à résoudre le problème des AMS. Pour avoir plus d’explications à ce sujet, nous avons contacté M. Ridha Chiba, ancien cadre supérieur aux AMS et conseiller international en exportation, pour nous résumer la situation actuelle de la société et les éventuelles propositions à envisager pour mettre un terme définitif à cette situation pathétique qui a trop duré.

A vrai dire, a-t-il indiqué, l’affaire des AMS va se prolonger encore et ses employés vont souffrir davantage. Le bureau régional de l’Ugtt de Sousse a recommandé   aux  employés des AMS  d’intenter une action collective en justice pour récupérer leurs émoluments. Mais, à mon avis, cette action va freiner la lutte quotidienne des employés pour revenir à leur travail et également l’entreprise ne va pas pouvoir retrouver son activité normale. Mais cette crise va durer parce que ladite société doit passer  par  les différentes juridictions, à savoir le tribunal de première instance, la cour d’appel et la cour de cassation, ce qui va encore coûter pour   les ouvriers une année d’attente pour que le conflit soit tranché. Face à cette situation, les employés ne peuvent pas encore résister au chômage forcé et  vont ainsi souffrir de  l’impécuniosité et du besoin absolu. Ce qui va dégrader davantage leur situation sociale.

Appel aux autorités d’agir

De mon côté, a-t-il poursuivi, je saisis cette opportunité pour inciter tous les responsables régionaux,  à savoir les responsables administratifs,  le bureau régional de l’Ugtt, l’inspection régionale du travail, les représentants du gouvernorat de Sousse au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour multiplier leurs interventions auprès du gouvernement et du propriétaire des AMS  et  n’épargner aucun effort pour mettre fin à cette calamité qui a véritablement affecté la région de Sousse à l’échelle sociale et économique, et ce,  de la même manière  et avec le même intérêt dont ils ont fait montre  pour lutter  contre la pandémie du coronavirus.

En fait, j’aimerais qu’ils assurent le suivi de l’affaire AMS avec  la même approche et le même enthousiasme qu’ils ont manifestés ces derniers jours, utilisant tous les moyens juridiques, administratifs, moraux et matériels pour mettre fin à cette affaire qui demeure  toujours sans suite et dont  l’impact négatif sur la vie de nombreux citoyens et leurs familles  ne cesse de s’amplifier, engendrant des employés virés de leur  travail et sans le moindre millime pour subvenir aux besoins de leurs familles. Tous les employés sont interloqués devant la position impotente et apathique de tous les intervenants de la région, eu égard à la gravité du problème. Cela ne peut que consolider la position du propriétaire des AMS et sa fuite en avant à dilapider une entreprise qui n’a pas un problème de vente et est considérée comme étant le fleuron de l’industrie tunisienne.

Et, à cet effet, je peux dire qu’en Tunisie,  il faut vraiment faire des efforts pour être sous-développé et enfreindre  la suprématie de la loi  qui se veut au-dessus de tout soupçon et le seul moyen pour établir la justice entre tous les citoyens sans aucune distinction. Comment un groupe aussi puissant qui se considère comme étant la huitième puissance économique dans le pays  et qui réalise un  chiffre d’affaires dépassant les sept cents milliards se trouve incapable de remédier aux défaillances des AMS?

Est-ce que les employés sont responsables de la politique de gestion de l’entreprise, de la mauvaise gouvernance, des diverses nominations des différentes directions générales qui se sont succédé?

C’est vraiment aberrant et insensé! Les employés demeurent toujours les seules victimes qui assument toutes les responsabilités.

Des prix bradés

La société AMS doit rester et revenir à son activité normale et les employés aussi doivent percevoir leurs émoluments incessamment. C’est la condition sine qua non avant toutes autres solutions quitte à ce qu’elle soit restituée par l’Etat du moment qu’elle a été vendue avec des prix bradés à des gens qui n’ont pas su la gérer et l’ont laissée s’écrouler engendrant ainsi une véritable catastrophe industrielle et sociale pour la région et surtout pour tous ceux qui y travaillent. Il ne faut aucunement la lâcher. C’est le fleuron de l’industrie tunisienne. Les employés, l’Ugtt  et la société civile  doivent être solidaires et tenir bon pour sauver la société AMS qui doit devenir une affaire nationale parce que cela constitue assurément une grande perte pour notre pays.

A cet effet, a-t-il indiqué, j’attire l’attention du ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines à intervenir énergiquement pour la sauver et sauver aussi les quatre cent vingt familles qui demeurent dans le besoin absolu parce que  je considère que Mme Saloua Sghaier est la personne la mieux placée parmi les membres du gouvernement du moment qu’elle a été directrice  générale  des entreprises au sein du ministère de l’Industrie  et qu’elle connaît parfaitement les AMS, leur historique, leurs performances, leurs produits, leur notoriété et leur  image de marque qui ont  dépassé les frontières tunisiennes.

Comment alors Madame la ministre on dilapide une entreprise de  cette envergure et de cette réputation avec une si simple décision en si peu de temps ?

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