Par Anis SOUADI

Incapacité de servir les priorités nationales et de résoudre les questions stratégiques : inégalités sociales, chômage et pauvreté.

La crise du Covid-19 continue à alourdir le bilan social, à enfoncer encore plus l’économie nationale dans les difficultés et à «ravager» ses fondamentaux.

Les dernières statistiques confirment que la récession économique est actuellement à un stade inédit d’environ 5% et pourrait se situer, au terme de l’année en cours, aux alentours de  7%.

Le taux de chômage est, lui aussi, à son plus haut niveau avec plus de 20% et risque de connaître un seuil alarmant d’ici quelques mois, surtout si l’hémorragie des pertes d’emplois continue. On  relève justement qu’au cours du second semestre 2020, l’économie nationale a perdu plus de 50 mille de l’effectif de sa population active.

Un nouveau coup dur qui a impacté sérieusement le niveau de vie national. On parle ainsi d’une détérioration de plus de 50%.

Toutefois, la crise du Covid-19 n’est pas la seule cause de cette situation  critique. En effet, depuis 2011, l’économie nationale n’a cessé de subir les chocs et de perdre, à chaque fois, de nouveaux « repères ».

Et c’est certainement la faute à un modèle de développement économique défaillant, stéréotypé et peu réactif, car incapable de répondre aux exigences aussi bien actuelles que futures.

D’ailleurs, certains experts locaux et étrangers ne ratent aucune occasion pour «dénoncer» la fragilité de notre modèle de développement, la faiblesse quelque peu généralisée de ses principales structures et le manque de qualification de ses «gestionnaires».

C’est un modèle qui  se retrouve donc totalement essoufflé et qui ne peut plus servir les priorités nationales et surtout résoudre les questions stratégiques : les inégalités sociales, le chômage et la pauvreté.

Et c’est surtout cette question de pauvreté qui inquiète le plus. Justement, selon un rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté et la prospérité partagée, notre pays compte plus de deux millions de pauvres, presque le quart de la population. Et c’est notamment dans le centre-ouest et le nord que les taux sont alarmants. Cela s’explique, bien entendu, par les écarts monstres entre les régions, favorisés surtout  par un modèle de développement statique qui ne cesse d’amplifier les inégalités sociales.

Ce qui est encore plus grave, c’est qu’il n’est pas exclu que  le taux de pauvreté connaîtrait des proportions beaucoup plus importantes. Et c’est  plutôt prévisible, surtout que tous les gouvernements  qui se sont succédé depuis une dizaine d’années n’ont jamais réussi à mettre en place des stratégies et des approches efficaces. Tout ce qu’ils ont pu réussir, c’est émettre de simples mesures d’accompagnement isolées et peu planifiées, ce qui témoigne de la timidité de leur impact.

La question semble complexe et bien délicate. La mission du gouvernement l’est certainement encore plus.

Pourtant, pour certains observateurs, trop optimistes certainement, la situation est douloureuse certes, mais elle n’est pas permanente. Lorsque nos décideurs se remettront à la planification sérieuse, on pourrait espérer un redressement possible. 

Comprendre, qu’indépendamment de la complexité de la conjoncture et de la gravité des indicateurs actuels, il y aurait toujours une porte de sortie. Une reprise, même progressive, est toujours possible pour peu qu’il y ait une volonté réelle.

Mais le plus important serait certainement d’avoir, comme l’a récemment rappelé Hakim Ben Hammouda, sur ces mêmes colonnes, des politiques publiques courageuses.

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