Si aujourd’hui encore, le Mouled attire chaque année des milliers de visiteurs (l’année dernière, la cité aghlabide en a accueilli près d’un millier), c’est que l’ambiance de la ville est joyeuse et festive et le programme est riche et diversifié: concours de lecture du Coran, chants liturgiques….

De plus, des festivités religieuses, le patrimoine culinaire ancestral sont également mis à l’honneur avec la préparation de très bons makroudhs et d’une excellence assida (plat traditionnel à base de semoule fine ou de farine, assaisonnée d’huile et de miel) qu’on déguste le matin du Mouled.

La célébration de l’anniversaire du Prophète à Kairouan vaut le détour. Les mots ne suffisent pas à donner une idée, même approximative du charme de la ville : tapis et guirlandes accrochés aux murs, souks illuminés jour et nuit, odeur d’encens et d’eau de rose dans l’air, une vocation sacrée dans les différents mosquées et mausolées.

Outre l’organisation d’expositions, de foires et de compétitions culturelles qui se prolongent sur une dizaine de jours, on assiste, dans le patio de la mosquée du Barbier, à des cérémonies de circoncision gratuites au profit d’enfants démunis. C’est alors l’occasion d’un beau cortège comme le veut la coutume : musique folklorique, costumes traditionnels (djebba, chéchias, babouches, etc.) et distribution de jouets pour enfants. Tout cela dans une ambiance chaleureuse et émotive où les youyous de joie se mêlent à l’odeur d’encens et de henné et au refrain de la célèbre chanson «Mtahar ya  mtahar».

Bref, Kairouan, pendant le Mouled, ressemble à un paradis qui abonde en spectacles variés, impressionnants témoignages d’une vie culturelle qui s’accorde à merveille avec la piété kairouannaise.

Malheureusement, cette année, le Covid-19 a changé le donne et la pandémie touche de plus en plus de citoyens. Ainsi, jusqu’à la date du 21 octobre, on compte dans le gouvernorat de Kairouan 1.169 citoyens testés positifs dont 481 ont été guéris, 22 sont hospitalisés alors que 3 sont sous respirateur.

C’est pourquoi le gouvernorat et l’association du festival de la fête du Mouled à Kairouan ont décidé, le 24 septembre, l’annulation de toutes les manifestations prévues pour célébrer la fête du Mouled afin d’éviter tout risque de propagation de coronavirus. Néanmoins, certaines manifestations religieuses seront tout de même maintenues mais sans la présence du public dont les cérémonies du concours de récitation du coran, du concours de l’appel à la prière et du concours de la «sira» du Prophète.

Il va sans dire que cette décision a été appréciée et comprise par certains citoyens en raison de la situation sanitaire liée à la pandémie du Covid-19. Par contre, beaucoup de commerçants, de pâtissiers, de cafetiers de boulangers, d’artisans du cuivre et de la tapisserie et de restaurateurs ont exprimé leur regret et leur déception car les nombreux visiteurs leur permettaient de gagner beaucoup d’argent et d’améliorer leur chiffre d’affaires.

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