DEPUIS 2011, les gouvernements successifs n’ont regardé que dans une seule direction pour trouver les ressources à mobiliser pour le montage financier du budget de l’Etat. Augmentation de la pression fiscale et le rendement des richesses du sous-sol tunisien, à savoir phosphate et hydrocarbures. Si la fiscalité a dépassé le seuil de la limite acceptable et est devenue un facteur dissuasif pour l’investissement, autant local qu’étranger, les deux autres moteurs sont en panne depuis des années à cause des contestations sociales et des interruptions fréquentes de la production. Pourtant, dans sa malle au trésor, la Tunisie regorge d’autres sources d’enrichissement appréciables si le pays arrive à en tirer profit.

Il s’agit du «gisement» patrimonial qui peut être source de richesses multiples (cela va des droits d’entrée à l’édition, en passant par les produits artisanaux imitant ou dérivant des collections exposées, ainsi que les diverses formes d’expression artistique).

Toutefois, cette «industrie» ne relève pas de la génération spontanée de la richesse et, comme toute autre activité, son développement requiert la mise en place d’une véritable stratégie.

Et notre pays qui s’énorgueillit de disposer d’un patrimoine historique et archéologique considérable (en fait, estimé à plus de 30.000 sites et monuments historiques répertoriés), semble tourner le dos à un secteur qui draine sous d’autres cieux beaucoup plus de recettes que le secteur automobile par exemple.

Car quand on sait qu’en France, par exemple, les musées et monuments enregistraient, il y a quelques années, plus de recettes que l’industrie automobile — et qu’il y a de fortes chances que cette tendance s’accentue avec la crise actuelle —, on ne peut qu’être littéralement choqué en apprenant qu’en Tunisie, seuls le musée du Bardo et l’amphithéâtre d’El Jem réalisent des bénéfices et que, dans le meilleur des cas, quelques autres sites ou monuments parviennent à équilibrer leurs finances, cependant que la majorité coûte à la collectivité plus que cela ne rapporte.

Pour en saisir les raisons, il n’y a qu’à se rendre dans n’importe quel site ou musée de Tunisie et d’en observer l’agencement et l’aménagement : de véritables entrepôts pour objets anciens. Ce qui explique la désaffection du public à leur égard et leurs maigres recettes qui, dans la plupart des cas, ne suffisent même pas à leur entretien et à leur fonctionnement.

Mais à en juger par le budget consacré au patrimoine en Tunisie pour 2021, l’on reste estomaqué par la négligence continue de ce secteur. En effet, selon les estimations de Tunelyz, l’enveloppe réservée à l’entretien et à la promotion du patrimoine a chuté d’une manière drastique de l’ordre de 25% pour s’établir à 35 MDT après avoir plafonné à 56 millions de dinars en 2019.

Au lieu d’accorder plus d’intérêt au patrimoine et de l’insérer davantage dans le circuit économique et social et d’adapter la législation, et en particulier le Code du patrimoine, pour la rendre compatible avec les exigences de la nouvelle approche, de développer et commercialiser des produits culturels en tant que modèles d’exploitation des nouvelles ressources à travers un échantillon de sites archéologiques et historiques et d’améliorer la mise en valeur et la gestion du patrimoine culturel, l’on se rabat sur la réduction de son budget. De tels économies de bouts de chandelle ne serviront qu’à enliser davantage dans l’oubli un précieux héritage.

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