COMME plusieurs analystes, observateurs et politologues le pressentaient clairement ou y faisaient allusion dans leurs écrits ou interventions radiophoniques et télévisées, Ennahdha, par la voix de son président Rached Ghannouchi et aussi président du Parlement, s’est rétracté au sujet de l’amendement du décret-loi 116 portant création de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), amendement — faut-il le rappeler — soumis par la coalition Al Karama, l’une des composantes de la Troïka parlementaire aux côtés d’Ennahdha et de Qalb Tounès, constituant à leurs dires «la ceinture parlementaire» soutenant le gouvernement Mechichi  en contrepartie «de certaines promesses», assurent-ils sans que le Chef du gouvernement ne crédibilise encore, officiellement, leurs déclarations médiatiques.

Après avoir donné la parole à certains leaders de son parti, dont en particulier Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura, et aussi à Noureddine B’hiri (avant qu’il ne perde son poste de chef du bloc parlementaire nahdhaoui au profit de son collègue Imed Khemiri) pour annoncer, à plusieurs reprises, que les députés nahdhaouis voteront pour le projet de loi proposé par Seïfeddine Makhlouf, visant «à libérer la communication audiovisuelle de la mainmise de la Haica,  désormais illégale puisque son mandat a pris fin depuis plus d’une année et ses membres payés illégalement par l’Etat bien qu’ils aient perdu juridiquement leur qualité de membres appartenant à une instance en état d’inactivité», Rached Ghannouchi se range du côté des contestataires du projet d’amendement et assure textuellement aux membres du comité directeur du Syndicat national des journalistes (Snjt) que l’initiative législative d’amendement en question a bel et bien vécu, qu’elle ne sera pas reprise pour examen en séance plénière et qu’elle fait désormais partie de l’histoire de l’action parlementaire, ou plus précisément que son texte restera dans les archives du Parlement comme une initiative qui a avorté sans que les députés n’aient la peine de le discuter et de le rejeter.

Plus significatif encore, le fait que Ghannouchi rassure les journalistes que rien ne sera, à l’avenir, entrepris en matière de législation sur la communication audiovisuelle ou écrite sans l’aval du Snjt et des composantes de la société civile dans la défense des libertés publiques et privées, plus particulièrement la liberté d’expression et d’opinion.

Que faut-il retenir de ce changement de position de la part du président d’Ennahdha et par ricochet des députés de son parti ?

S’agit-il d’une première friction qui l’opposera à ses deux alliés Qalb Tounès et Al-Karama qui devraient se sentir lâchés par leur «big brother» dont le président a profité du premier examen parlementaire sérieux que la coalition affronte pour privilégier les intérêts de son parti et lui éviter un désaveu ou un camouflet de plus en cette période trouble prévalant à Montplaisir où les protestataires continuent à faire parler d’eux et à élever la voix, refusant de discuter même des initiatives de conciliation qu’on leur propose dans l’objectif de préserver le parti contre l’implosion le menaçant à la veille d’un congrès qu’on peut qualifier au cas où il se tiendrait de congrès de toutes les peurs.

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