Le projet Boubli, réalisé en collaboration avec British Council, s’inscrit dans le cadre des activités de l’association Aman. Un projet destiné aux jeunes pour les familiariser avec les arts et l’audiovisuel et leur apprendre à produire des contenus médias… Tout cela au cœur de la ville, à Bab Bhar. Entretien croisé avec Wissam Ziadi, musicien, docteur en traitement de signal sonore et un des fondateurs de l’Association méditerranéenne Art et Nature (Aman) et Marouen Ben Rejeb, cofondateur de l’association, consultant et chargé de la communication.

D’où est-ce qu’elle est partie l’aventure de votre association ?

Wissam Ziadi : «Nous sommes un collectif d’artistes du Cap Bon, notamment Nabil et Marouen Ben Rejeb et Wissal Laâbidi. On a voulu être acteurs dans la société civile afin de changer ne serait-ce qu’un peu la situation auprès des jeunes, surtout que les mentalités ne sont pas en train de prendre le chemin vers l’ouverture. En 2017, nous avons lancé l’association, officiellement, avec deux courts-métrages à Dar Allouche avec un cap toujours orienté vers l’art et la nature. L’association a également créé    le club cinéma à Dar Allouche».

Quels étaient les obstacles au démarrage ?

Marouen Ben Rejeb : «Je dirai qu’il y avait plutôt des challenges que des obstacles. On a démarré par nos propres moyens. Nous avons axé nos activités sur les jeunes du collège Dar Allouche en leur organisant des ateliers pendant les vacances jusqu’à ce qu’on aboutisse à la création du Club Cinéma. Nous avons voulu que ce prototype de formation qu’on a développé englobe aussi bien l’audiovisuel que la musique ainsi que tous les autres arts et qu’il soit bénéfique pour ces jeunes qui n’ont parfois que la perspective de l’immigration clandestine. Le projet Boubli est l’initiative du British Council qui a suivi notre expérience dès le départ. L’idée est d’élargir le projet qu’on a initié à l’échelle régionale vers la capitale en y  ajoutant un espace adéquat et l’aspect média. La production qui se passe dans cet espace est donc destinée à devenir un média par les jeunes et pour les jeunes. Le projet est destiné à 15 jeunes qui recevront une formation pour introduire ce média. L’objectif est de faire de ces jeunes des producteurs de contenus dans ce média.

Comment se passent les choses dans le projet Boubli ?

Wissam Ziadi : «Avec les 15 jeunes sélectionnés, nous avons commencé avec un cursus cinématographique. Pour moi, tout doit partir du cinéma et de l’expérience de l’œil et de l’oreille face au 7e art.  C’est la matrice en quelque sorte. Malheureusement, nous avons eu l’obstacle du confinement et on a été obligés de commencer la formation en ligne. Le premier atelier était l’histoire du cinéma avec Marouène Meddeb, le deuxième le digital avec Zied Hamdi et Ali Boulila et l’atelier scénario avec Souad Ben Slimane. Vers la mi-juin cet espace était fonctionnel et équipé. Les équipements mis à disposition ont permis aux jeunes d’être en contact direct avec les outils de la production audiovisuelle tels que les caméras. Mourad Meherzi a assuré les ateliers de réalisation, Jamel Madani la direction d’acteurs et Karim Hammouda le montage. Comme exercice d’application, nous avons fait quatre jours de tournage pour filmer trois courts métrages. Après ce cursus de formation, les jeunes sont passés à la production et chacun a une tâche précise jusqu’au 31 décembre». 

D’où viennent ces jeunes qui ont participé à ce projet ?

Marouen Ben Rejeb :

«Ce sont des jeunes qui viennent de quartiers défavorisés et marginalisés. Ce sont des jeunes qui ont du talent et qu’on forme et oriente dans l’espace Boubli.

C’est un espace de création au cœur de la ville (Bab Bhar). L’espace est composé de trois étages : le premier abrite une salle de post-production avec des machines performantes et un espace de projection ou de show.

Le deuxième étage  abrite un cyclorama avec une autre salle de post-production. Le troisième étage est un espace de créativité et de travail avec un studio son bien équipé.

Pour qui cet espace est destiné ?

Wissam Ziadi : «L’espace est ouvert à tout le monde et c’est ce qui fait sa force parce qu’on ne veut pas «enfermer» nos jeunes et les freiner. C’est un espace pour les jeunes qui ont des idées et qui veulent les produire en passant par un processus à l’espace. Ensuite, on met à leur disposition tout le matériel nécessaire. A partir du 31 décembre, nous lançons un nouveau challenge pour que cet espace assure son propre financement. Nous sommes d’ailleurs en train de créer des packs pour les producteurs et les créateurs de contenus».

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