UN projet de réconciliation nationale se prépare doucement du côté de l’ARP. Les coulisses sont chaudes, conformé- ment à la sensibilité de ce sujet tabou et polémique même. C’est que le processus

de justice transitionnelle après 2011 n’a ni réha- bilité ni satisfait les victimes de la répression de l’Etat et des régimes politiques avant et après 2011. Et les Tunisiens n’ont pas eu droit à un mea culpa collectif qui cicatriserait les plaies et qui permet- trait surtout d’éviter de tomber dans les mêmes atrocités du passé. La liberté d’expression, le droit à participer à la vie politique et tout ce qu’on a pu acquérir après 2011 n’ont pas été accompagnés d’une vraie et historique réconciliation nationale. On est resté otages des douleurs du passé, de la haine et de la vindicte. Alors une réconciliation nationale en 2020, c’est pour quoi faire et surtout à quel prix ?

Dans cette atmosphère politique tendue et avec ces ratages socioéconomiques, une telle initiative aussi ambitieuse (mais tardive) risque de se heurter à deux handicaps : les dissensions politiques entre partis mais entre structures et métiers, et puis aussi l’absence de vision de l’Etat sur ce sujet. Pour toute réconciliation politique, il faut des concessions douloureuses de part et d’autres. Sommes-nous prêts à le faire ? Il faut également un coût à supporter qui mette fin à toutes les spéculations sur les dommages et intérêts des victimes. En même temps, une réconciliation nationale, c’est également une initiative approfondie et crédible qui permet de tourner la page une fois pour toutes.

Et personne n’a le droit d’imposer quoi que ce soit dans cette question, ce sont des critères objectifs et équitables qui doivent servir d’axes directeurs pour élaborer un projet consistant. Les bévues commises lors de la justice transitionnelle par l’IVD doivent servir de leçon pour la nouvelle initiative. Sinon, on continuera avec l’injustice et les occasions ratées.

La Tunisie a besoin plus que jamais d’une vraie et irrévocable réconciliation nationale. Cela aura un coût, et tout le monde va le payer, mais aura également un énorme retour sur investissement sur le long terme et dans tous les domaines. Ce n’est guère une question d’équité et de justice rendue, mais aussi une question d’harmonie sociale, de capacité à avancer mais en enterrant les maux les plus blessants du passé. Et si les Tunisiens adhèrent à cette approche, les résultats seront sans doute
très prometteurs. Faute de quoi, ce sera une énième occasion ratée.

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