Dès le début du mois de ramadan, des goulots d’étranglement se sont formés sur de nombreuses artères de la capitale. Le changement de l’horaire administratif pour se conformer aux exigences du mois du jeûne est mis en cause. Il a remis au goût du jour les traditionnelles scènes de tensions et de crispations des automobilistes et des usagers de la route aux heures de pointe. Sur le chemin du retour vers la maison, à compter de quatorze heures de milliers d’employés tunisiens, on enregistre des pics de nervosité faits d’insultes, brimades et divers noms d’oiseaux proférés à l’encontre d’autrui.
La circulation dense a refait son apparition sur les axes routiers des cités urbaines causant les pires désagréments notamment pendant les heures de pointe. Depuis le début du mois de ramadan, les usagers de la route se retrouvent, tous les jours, empêtrés dans d’énormes et insoutenables bouchons au départ et surtout au retour à la maison. Quels qu’ils soient, où qu’ils soient. Le lundi dernier, le trafic des automobiles s’est fait sentir avec une forte acuité. Une journée qui a coïncidé avec le retour des vacances des écoliers et des élèves qui ont repris le chemin des établissements scolaires. Que ce soit les automobilistes, les chauffeurs de bus et les conducteurs de métro, le folklore des mauvaises manières et des incivilités signe son grand retour.
Le paysage routier offre, en effet, des clichés désolants. Les gens perdent leur savoir-vivre et se comportent avec beaucoup d’agressivité, donnant libre cours à la grossièreté et aux mauvaises manières. Un comportement qui se banalise et se généralise au point de devenir la norme. Certains citoyens font les frais du manque de civisme flagrant des automobilistes qui n’ont cure de ce qui se passe en dehors de leur bagnole. Lamentable.

Les bus de la honte
Lundi dernier, une pluie aussi fine que brusque et inattendue s’est abattue sur Tunis. Ce qui n’a pas manqué de susciter les craintes des fonctionnaires de ne pouvoir rentrer à temps à leur domicile. Forcément, la paralysie dans la circulation se manifeste. Une photographie publiée sur les réseaux sociaux avant-hier au soir par un avocat tunisien a illustré le désastre et le calvaire des usagers des bus. On y voit un bus public bondé transportant des écoliers par un temps pluvieux. Il est plein comme un œuf au point que certains passagers, en majorité des enfants, se sont agrippés à la portière pour ne pas manquer le retour à la maison. Effectivement, depuis hier, le retour à la maison en bus se résume en un long et interminable calvaire. Il est quatorze heures tapantes, heure de sortie des employés administratifs. Un bus privé qui relie Tunis aux portes de l’Ariana jusqu’à la cité Ghazela mettra une heure trente minutes pour arriver jusqu’au terminus. Deux heures en tout, si on y ajoute le temps d’attente avant le départ du bus. En attendant, les passagers, debout, se retrouvent dans un couloir étroit, très exigu et inconfortable. Le conducteur du bus ne se fait pas prier pour remplir le bus déjà plein à craquer afin de ne pas laisser les pauvres gens poireauter davantage au niveau des stations intermédiaires. Une gêne considérable est occasionnée pour les personnes au moment de descendre notamment après un trajet long, pénible et éprouvant pour les nerfs.
Le lendemain matin, les batteries rechargées pour une nouvelle journée de jeûne ne seront pas moins affectées par une circulation toujours aussi dense aux environs de huit heures. Seule éclaircie dans la grisaille, un policier de la circulation organisait le trafic au niveau du carrefour qui mène vers la zone industrielle de la Charguia 1. Une initiative nécessaire comme on en redemande étant donné qu’elle aura permis de fluidifier le trafic des voitures et de prévenir les bouchons.

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