Ben Ali, président de la République tunisienne du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011. Connu pour son régime autoritaire, il fût poussé à l’exil par un soulèvement populaire sous fond de tensions sociales. Son règne a été caractérisé par une certaine prospérité économique entachée d’une mauvaise distribution des richesses et une marginalisation de régions entières du pays. Pendant les 23 années passées au pouvoir, il s’est rendu coupable d’un nombre important d’exactions et de violations des droits de l’homme, particulièrement à l’encontre de ses adversaires politique.

L’histoire aurait pu s’arrêter là dans une Tunisie post révolution, sereine, et résolument tournée vers l’avenir. Mais en Tunisie, tout comme dans les virages des stades de foot le dimanche, la passion l’emporte souvent sur la raison. Pour chacun d’entre nous, il faut une étiquette, il faut choisir son camp. Qu’il s’agisse de Ben Ali, de Bourguiba, de la révolution ou du championnat de foot, le tunisien est submergé par la passion.

Ainsi, pour certains, Ben Ali est seulement un démon, un sanguinaire sans âme, et pour d’autres, Ben Ali est l’incarnation même du messie, sauveur de la Tunisie, celui qui représente l’ordre et la discipline perdus. Et si on s’efforçait à mettre en sourdine les sentiments ? peut être que nous verrions les choses autrement? peut être qu’au final, nous nous rendrons compte que Ben Ali est simplement un homme politique tunisien qui a mené pendant ses 23 ans au pouvoir, un certain nombre de réformes salutaires et que d’un autre côté, il devra répondre de ses crimes devant la justice tunisienne? Selon les économistes enfin, la révolution tunisienne a peut être accéléré le processus de crise, mais les signes d’épuisement du modèle économique étaient déjà visibles dès les années 2000. Cela signifie, que même si le régime avait résisté au soulèvement de 2011, nous aurions, tôt ou tard, subi la crise.

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