66 % des institutions ne sont pas concernées par le mouvement

93 % des épreuves du premier semestre ont été passées par les étudiants

Sommes-nous sur la bonne voie ? Le situation de blocage des examens du second semestre serait-elle sur le point d’être résolue ? 

C’est, du moins, ce que laissent transparaître les deux parties en conflit, à savoir le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et l’Union des enseignants universitaires chercheurs de Tunisie connue sous son acronyme «Ijaba».

De part et d’autre, on a droit à des déclarations de plus en plus apaisées et plus conciliantes. En plus de l’ouverture manifestée par le ministre lui-même, les derniers propos d’un des responsables de ce syndicat laisse la porte entrouverte devant les autorités en vue d’aboutir à un compromis. En effet, selon les dernières déclarations, «Ijaba» serait prêt à entrer en négociations avec le ministère et à organiser les examens du second semestre le plus vite possible. Il faudrait, néanmoins, que le ministère de tutelle» honore «ses engagements vis-à-vis du syndicat et libère, de façon effective, les salaires gelés depuis trois mois. Car, selon eux, ces salaires n’auraient pas été versés jusqu’à maintenant. Quant aux discussions à engager, elles devraient porter, essentiellement, sur les points qui intéressent le devenir des enseignants universitaires chercheurs et, notamment, le statut du corps enseignant et la réforme du système de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Actuellement, les membres du syndicat «Ijaba» sont entrés dans leur 51e jour de sit-in dans l’enceinte même du ministère, justement, pour exiger ce qu’ils appellent «l’application de l’accord du 7 juin 2018».

À l’approche des échéances des examens du second semestre, il semble que l’on se dirige vers de meilleurs sentiments et, particulièrement, en raison du désarroi des étudiants touchés par le boycott des examens du premier semestre et qui craignent, véritablement, une année blanche si ce boycott s’étend au second semestre. 

Notons, au passage, que 66 % des institutions universitaires ne sont pas concernées par les mouvements entrepris par les enseignants de «Ijaba». Soit environ 140 établissements sur un ensemble de 204. Il faut ajouter aussi que près de 93 % des épreuves du premier semestre ont été passées par les étudiants.

Il faut nécessairement leur redonner espoir, eux qui ont passé toute une année universitaire sous pression.

Aussi y a-t-il eu deux réunions décisives dans un laps de temps très court. La première est celle du Conseil des universités du 2 mai, ensuite, la deuxième du 13 mai.

Au cours de la réunion du 2 mai, une mesure importante avait été prise concernant la levée du gel des salaires de près de 700 enseignants qui ne remplissent pas les conditions. 

Quant à la conférence du 13 mai, elle a examiné, en long et en large, l’évolution de la situation. Les participants (doyens, recteurs, directeurs généraux de l’administration centrale et les responsables de plus de 170 établissements) ont eu à soulever la question de la crise actuelle qui secoue l’Université et les moyens de la surmonter.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a rappelé, au cours de cette conférence, les principales mesures prises dès le déclenchement de cette crise. Il a insisté, également, sur la nécessité de garder le contact entre les deux parties tout en annonçant un nouveau round de négociation avec «Ijaba» pour le 15 mai. 

Parlant de l’accord du 7 juin 2018, il a expliqué, en particulier, le retard enregistré au niveau de la mise en œuvre du volet portant sur le statut du corps des enseignants universitaires chercheurs. D’où l’intérêt à continuer les concertations pour élaborer, en commun, un tel projet. En même temps, le ministre a évoqué les différents avantages accordés aux enseignants universitaires et qui ont été activés depuis 2 ans.

Dans le même contexte, les directeurs généraux de l’enseignement supérieur, des affaires collectives et de l’innovation universitaire ont fait des exposés sur les examens, sur les dispositions prises pour le versement des salaires et sur le nouveau diplôme national de licence.

À la fin de la rencontre, les participants se sont mis d’accord sur cinq points essentiels. Le premier a trait au refus catégorique d’une éventuelle année blanche. En deuxième lieu, il y a la nécessité d’éviter, dorénavant, d’impliquer les étudiants dans les conflits syndicaux. De plus, il faut donner la priorité absolue pour la réussite de l’année universitaire en adoptant la voie du compromis. Une nouvelle invitation a été adressée à «Ijaba» en vue de reprendre les discussions. Le dernier point appelle chacun à tout faire pour parachever l’année universitaire dans de bonnes conditions.

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