Il est de tradition que le mois saint de Ramadan, considéré comme le mois de l’abstinence, de la piété et du recueillement, soit accompagné d’une frénésie de consommation sans pareille obligeant les Tunisiens à s’inscrire dans un comportement le moins qu’on puisse dire inacceptable au niveau des dépenses excessives qu’ils consentent quotidiennement aux dépens de leur bourse au point de se trouver lourdement endettés à la fin du mois du jeûne.

Et les pratiques qu’on avait pris l’habitude de dénoncer parce qu’incompatibles avec l’esprit du mois saint de perdurer comme si la situation économique du pays et le pouvoir d’achat des citoyens permettaient une telle surconsommation de produits alimentaires, le plus souvent subventionnés par le budget de l’Etat.

Malheureusement, les files de consommateurs dans les grandes surfaces, les bousculades dans les marchés populaires en vue de l’acquisition de produits dont plus de la moitié sont jetés à la poubelle et l’inconscience manifeste des consommateurs sont considérées comme des attitudes ordinaires et constituent l’une des dernières préoccupations de nos partis politiques, des associations de la société civile et des organisations dites caritatives qui donnent l’impression d’avoir d’autres priorités ou s’impliquent eux-mêmes dans cette frénésie commune en instrumentalisant les divers repas d’iftar qu’ils organisent à travers la République à des visées électoralistes qui n’échappent à personne.

Certes, la politique a ses exigences et les élections qui approchent à grands pas imposent aux partis politiques et aussi à certaines personnalités aux ambitions déclarées de recourir à des procédés en contradiction avec l’essence même de la mission qui leur est confiée. Cette mission ne les oblige-t-elle pas justement à se mobiliser constamment pour sensibiliser les citoyens, les conscientiser sur les dépassements et les inviter à éviter de recourir à des pratiques et à des comportements qui ne font qu’aggraver davantage la crise économique que vit le pays depuis des années.

Faut-il appeler nos élites à comprendre qu’il y a un temps pour les batailles politiques, un temps pour la promotion de  leur image auprès des citoyens-électeurs et aussi un temps pour s’impliquer dans un effort national de lutte contre les dérives et les errements.

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