Kamel Hellali vient de publier un premier ouvrage, un recueil de nouvelles où les histoires sont conduites par une narration simple, poétique et touchante et qui décrit un monde que nous avons connu, enfants, et qui s’effondre.   

« Sur la route de Thala tu ne rencontreras ni voleurs, ni bandits de grands chemins, mais des petits champs de grenadiers, d’amandiers, de figues et d’oliviers. Des sommets de montagnes basses. Des maisons en briques rouges parsemées çà et là. Des arbres d’eucalyptus avec des troncs gris et balafrés bordent la route. (….) Tu ne rentreras pas à Thala. Assis sur le dos de ton âne, perché sur une proche colline, tu observeras les lumières de ses lampions. Tu aiguillonneras ton âne pour qu’il te conduise à ta demeure où ta jeune épouse attend tes offrandes (…) Il suffit que ta maison soit proche de la lointaine et solitaire Thala et que ta jeune femme soit nantie de seins en forme de poire. »

Ainsi s’exprime notre collègue journaliste à Essahafa, Kamel Hellali, dans « Sur la route de Thala » l’une des nouvelles qu’il vient de publier chez Media Club. Le ton est dans la description d’un monde plein de poésie et que l’auteur décrit avec le rythme et les mots qui caractérisent ces mondes fragiles qui ne tiennent plus qu’à un fil, ces mondes qui menacent de s’écrouler d’un jour à l’autre avec notre enfance, avec les odeurs de la nature et des champs frais qui ont habité nos narines   avec les pierres qui ont construit nos demeures et nos premiers fantasmes. En effet, dans ce recueil de nouvelles, Kamel Hellali décrit ce monde sous perfusion et tente de fixer ses dernières manifestations entre les lignes de ce recueil de nouvelles « Quelqu’un meurt au Sud ».  Le livre contient neuf  nouvelles. « La plupart des nouvelles viennent du monde de mon enfance, du monde paysan d’Aouled Hellal à Haffouz », dit Kamel Hellali, « un monde menacé par l’oubli et qui va s’effondrer si la littérature ne le sauve pas. Aujourd’hui, les femmes de ce monde ne portent plus de tatouages, elles ne sont plus proches de la nature, elles ont perdu leur côté divin ! L’âme de l’univers ne les visite plus comme elle l’a fait avec ma mère Romdhana Bent Mokhtar. Une nouvelle, qui porte le titre   « Le rêve de Dada », lui rend hommage d’ailleurs, Dada étant le nom de la sœur aînée. Un monde que je chéris et que j’ai perdu. J’ai peur que ses parfums ne s’éparpillent. C’est le monde rural de Kairouan avec les histoires de ses gens et le rythme de la vie et de la mort qui le caractérisent. »

L’auteur ajoute qu’il s’agit de son premier livre et qu’il en a encore trois autres qui attendent d’être publiés. Rappelons que ce livre est publié par Mediacom, une initiative de Zied El Hani, une maison d’édition qui se consacre uniquement aux livres écrits par des journalistes et où on retrouve Mohsen Abderrahmène et Noureddine Bettaieb en tant que directeur et coordinateur respectivement.

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