La police de l’environnement est un corps de police qui a été mis en place depuis l’année 2017 et est dédié principalement à la protection de l’environnement. Officiellement opérationnel depuis, ce corps de police semble avoir plusieurs missions à réaliser pour préserver l’environnement et veiller sur le respect des principes d’hygiène de santé dans les espaces publics et même dans les locaux commerciaux (magasins, pâtisseries, grossistes, fast-foods et restaurants…), tout en collaborant avec les parties concernées : ministère de la Santé, ministère du Commerce, agents de sécurité, police municipale… afin d’appliquer la loi dans le domaine environnemental et celui de l’hygiène et de la santé.

Quelles sont les actions qui ont été menées par la police de l’environnement depuis mars dernier jusqu’au mois d’octobre et quels sont ses domaines d’intervention ? Le chef du bureau de police environnementale relevant de la municipalité de Tunis, Tarek Bakir, nous dresse un bilan résumant les interventions de la police de l’environnement durant les neuf derniers mois qui se sont écoulés et nous éclaire sur le rôle que joue le corps de la police environnementale pour sensibiliser et inciter les citoyens au respect des règles de l’hygiène et de la protection de l’environnement.

En effet, notre interlocuteur note tout d’abord que la police de l’environnement reçoit habituellement les réclamations concernant le non-respect des règles de propreté dans l’espace public (déchets et ordures jetés dans la rue) auprès des 15 arrondissements de la municipalité ainsi que les citoyens qui les contactent via le numéro 191 ou bien qui se rendent sur place dans les locaux de la police de l’environnement pour signaler une infraction aux règles de l’hygiène.

Tarek Bakir a observé également que la police de l’environnement a été mobilisée depuis le mois de mars dernier et jusqu’au mois d’octobre et a effectué le contrôle sanitaire de 2.262 locaux commerciaux et 473 locaux d’habitations dans le Grand-Tunis, en collaboration avec les parties concernées «En ce qui concerne les points noirs, nous avons relevé 558 déchets ménagers jetés dans les espaces publics. Toujours durant cette période, on note à peu près que 90% des avertissements ont été adressés aux locaux commerciaux pour des fraudes, telles que l’exposition du pain, le stockage d’aliments non conformes aux normes sanitaires. Un taux considérable du nombre d’avertissements a été adressé notamment aux cafés qui n’ont pas appliqué les règles d’hygiène pendant la première période du confinement».

Toujours selon notre interlocuteur, et durant la période du 1er confinement annoncé au mois de mars dernier, la police de l’environnement a œuvré pour que le respect de la distanciation sociale, dans les marchés, les postes, les mosquées… soit respecté et a coopéré avec les parties concernées pour la désinfection des espaces publics, notamment les gares des métros et des bus, les mosquées…. Avec la collaboration des agents de sécurité, la police de l’environnement a mené également des campagnes de sensibilisation pour inciter les citoyens à rester chez eux.

Durant cette période, certains locaux à activité commerciale n’ayant pas respecté les mesures sanitaires et les règles d’hygiène ont été obligés de signer un engagement (50 engagements au total ont été enregistrés) et de payer une amende qui s’élève à 60 dinars.

«Toujours pour le contrôle sanitaire dans les locaux commerciaux, grandes surfaces, magasins, fast-foods et restaurants… et en collaboration avec la direction de la santé et vétérinaires, nous avons saisi 150 kilos de foie, 80 kilos de merguez et 600 kilos de viande hachée. 350 kilos de poissons et fruits de mer et plus de 900 litres d’huile subventionnée ont été également saisis. Pour les articles alimentaires (cake, yaourt, chocolat…) qui se vendent dans les épiceries, grandes surfaces… 30 articles périmés ont été saisis. Dans les grandes surfaces, plus de 200 kilos de viande et de merguez exposés à la vente ont été saisis», précise-t-il.

Toujours dans le but de lutter contre le non-respect des règles sanitaires, plus de 72 camions transporteurs d’aliments et qui n’ont pas respecté non plus les normes sanitaires ont été arrêtés et leurs cartes grises ont été confisquées. Notre interlocuteur a enfin signalé que la police de l’environnement a pris part, la semaine dernière, à une campagne de sensibilisation dans les stations de Bab Saâdoun et Habib Thameur sur le port du masque. Une quarantaine de personnes, n’ayant pas respecté les mesures barrières dans les moyens de transport public, ont payé une amende de 60 dinars.

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