Une mention spéciale a été attribuée à l’écrivaine libanaise Dima Abdallah pour son roman Mauvaises herbes.

Créé en 2013 par l’Institut du monde arabe (IMA) et la Fondation Jean-Luc Lagardère, le Prix de la littérature arabe (doté de 10.000 €) promeut l’œuvre d’un écrivain ressortissant de la Ligue arabe et auteur d’un ouvrage écrit ou traduit en français. Valoriser et diffuser en France la littérature arabe en plein temps fort de la rentrée littéraire, telle est la volonté des fondateurs de ce prix.

Cette année, le prix est revenu à l’écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin pour son roman Les Jango (Éditions Zulma), traduit de l’arabe (Soudan) par Xavier Luffin. Le jury de cette 8e édition a salué « un roman surprenant de verve et de force politique où l’auteur mêle avec bonheur le fantastique et l’humour dans une intrigue très habilement construite», soulignant, également, l’excellente traduction du livre par Xavier Luffin.

Une mention spéciale a été attribuée à l’écrivaine libanaise  Dima Abdallah pour son roman «Mauvaises herbes» traduit par Sabine Wespieser.

Abdelaziz Baraka Sakin est né en 1963 au Soudan. Après «Le Messie du Darfour» (Prix Littérature – Monde 2017), il revient avec «Les Jango» son cinquième roman, initialement publié en 2009 par une maison d’édition égyptienne.  La même année, il recoit le prix Tayeb-Salih au Soudan, le roman est aussitôt frappé d’interdiction et brûlé en place publique par les autorités ultra-rigoristes du pays. L’auteur vit depuis en exil (il réside aujourd’hui à Montpellier).

Il succède à l’Egyptien Mohammed Abdelnabi, qui avait reçu le Prix de la littérature arabe en 2019 pour son roman «La Chambre de l’araignée» (Actes Sud /Sindbad), traduit de l’arabe par Gilles Gauthier. « Ce prix prestigieux que des écrivains importants, comme Jabbour Douaihy ou Sinan Anton, ont reçu avant moi, constitue sans aucun doute le couronnement de mon roman, « Les Jango». Je pense que ce prix est arrivé juste au bon moment, puisque mon roman parle de tolérance religieuse, d’amour et d’humanité, alors que nous vivons maintenant dans un monde déchiré par de violentes luttes identitaires, traversant ce qui ressemble à un choc des civilisations. Le prix constitue aussi un soutien moral et matériel dans mon combat d’un exil à un autre. »

Autour de ce récit orbitent «les Jango», ces ouvriers agricoles dépareillés, illuminés, ivrognes, fêtards, semeurs et cueilleurs de sésame, rythment les saisons, récolte après récolte. Ils sont «décidément impayables. Ils viennent depuis l’autre côté de la frontière cultiver le sésame, le blé et le sorgho, on les reconnaît à leur élégance tape-à-l’œil un peu décatie, et à leur sens de la fête, dès que les moissons sont finies : tous leurs gains y passent, à s’enivrer de marissa et de femmes. Les Jango sont l’aristocratie des travailleurs de la terre à Al-Hilla, qui est pour eux le centre du monde.»

Le résumé du livre parle de deux vieux amis qui échouent dans ce village et décident d’y poser leurs valises. La Maison de la mère, mi-logeuse, mi-maquerelle, les accueille à bras ouverts. Et avec elle, Wad Amouna, homme à tout faire, raffiné, et véhicule des cancans locaux; Safia, mythe vivant sur laquelle courent les plus folles histoires, la douce et tendre Alam Gishi…

Dans les effluves de café grillé, de chicha parfumée et de gomme arabique,  se joue une comédie humaine, dont les Jango, « sages à la saison sèche et fous à la saison des pluies, sont les héros ».

Jusqu’au jour où le monde moderne et ses bras armés fait intrusion chez ces princes de la terre…

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