L’Egypte s’empare de Netflix en lançant sa première production de série originale d’horreur intitulée « Paranormal » dans le but de donner plus de visibilité dans le monde à un secteur audiovisuel égyptien en pleine mutation. Pari technique hautement relevé pour cette réadaptation de l’œuvre littéraire à suspense d’Ahmad Khaled Tawfik.

L’image est fortement attractive : elle absorbe visuellement le spectateur dans une Egypte du XXe siècle, éclatante de culture, d’histoires, habitée par des légendes urbaines et des contes horrifiques. Momies mort-vivantes, manoir hanté, âmes désorientées, «Paranormal» raconte en 6 épisodes de 50 min chacun, mystères et suspense en mettant en scène des personnages variés, sur fond de musique terrifiante et d’effets visuels puissants.

Convertir les œuvres d’Ahmad Khaled Tawfik en série télé est un challenge, si on prend en compte la popularité de ces romans d’horreur auprès des jeunes de son pays et du monde arabe. Tout un univers est esquissé : celui d’un Caire fictif, fourré aux thrillers médicaux. Disponible sur Netflix en 9 langues, la série se veut universelle en étant accessible à différentes populations.

Ahmed Amin endosse le rôle principal d’un hématologue nommé Refaat Ismaïl dans ce thriller horrifique qui se déroule dans les années 60. Six aventures où les phénomènes surnaturels se succèdent, mais ne se ressemblent pas et… ne se dénouent pas forcément.

Le personnage féminin est une scientifique écossaise Maggie Mackilopp, interprétée par l’actrice libanaise Razane Jammal. Refaat a de l’admiration et un faible pour elle. L’authenticité de la série y joue un rôle capital : les mythes qui y sont relatés sont 100% égyptiens, mélangés à des rituels et des traditions locales.

Amr Salama a souligné aux médias cette présence de la culture urbaine égyptienne et son importance. La critique a salué l’interprétation des acteurs principaux, mais pas forcément de la scénarisation, sans grande surprise, assez similaire à des productions d’horreur américaines (ou autres). Cependant, la touche cairote sauve la mise : elle pourra peut-être ainsi conquérir de nombreux lecteurs assidus et forcément exigeants de ces best-sellers d’horreur à succès.

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