Avec les internationaux actuels et même en maintenant Mondher Kebaïer, l’équipe nationale est capable de s’améliorer. Il suffit de changer de stratégie et d’approche.


On tire à boulets rouges sur Mondher Kebaïer malgré la qualification précoce de notre équipe nationale à la phase finale de la prochaine CAN qui aura lieu au Cameroun.

Le mécontentement des supporters du onze national et des spécialistes est nettement justifié après la pâle figure des joueurs et du jeu affiché lors des deux derniers matches livrés contre la Tanzanie.

Mais la question qui doit immédiatement être posée : est-ce qu’il est déjà venu le temps de penser au changement du staff technique, chose à laquelle nous sommes habitués depuis des décennies? Alain Giresse, Faouzi Benzarti, Nabil Maâloul et plusieurs sélectionneurs nationaux avant eux ont connu ce «châtiment» sous forme de limogeage ou de remerciement. C’est toujours l’entraîneur qui doit faire les frais des échecs à répétition du club Tunisie sans jamais piocher dans le fond du problème pour essayer de trouver les vraies solutions visant à rendre son lustre à l’équipe nationale. Encore une fois, on cherche le bouc émissaire pour lui faire avaler la couleuvre et… rebelote pour un nouveau nom à sacrifier sur l’autel de la FTF après un autre court bail. D’ailleurs, ceci est à l’image de tout ce qui se gère dans notre pays depuis des années. Et même si on changeait Mondher Kebaïer pour José Mourinho aujourd’hui, est-ce les maux de notre équipe nationale vont cesser d’exister et on sera sur la plus haute marche du football africain au Cameroun ? Loin de là ! Il faut être réalistes en étant conscients de nos limites et nos moyens.

Le niveau de nos joueurs

est moyen

Le meilleur des jockeys au monde ne peut jamais faire un champion d’un cheval tocard. C’est une vérité indiscutable. Pour faire la différence, il faut un ou deux joueurs comme Salah, Mané ou Mahrez, dont on n’est pas encore pourvus.

Et rien que pour cette raison, il faut catégoriquement renoncer à l’idée biscornue de dilapider un argent fou pour la désignation d’un «Saint-Martin» pour nos joueurs dont le niveau est juste moyen. Tarek Dhieb, Temime Lahzami, Taher Chaïbi, Ayadi Hamrouni, Hamadi Agrebi, Nejib Ghomidh et des dizaines d’autres joueurs de gloire ne courent plus des rues de nos jours. Toutefois, la culture footballistique «italianisée» est restée ancrée comme par enchantement chez nos clubs et nos joueurs. C’est cela qui fait que la Tunisie reste encore respectée et redoutée sans être suffisamment armée pour jouer les premiers rôles. Et c’est peut-être sur cela qu’il faudrait broder pour obtenir une équipe nationale compétitive.

Pour un homme de caractère

D’ailleurs, il ne faut pas nier qu’à chaque fois que l’équipe nationale s’est appliquée dans son style habituel qui lui va comme un gant, elle a réussi de belles choses. Un jeu collectif bien articulé basé sur la rapidité, l’effet surprise et une bonne condition physique et le tour est joué pour un rendement qui fait honneur, abstraction faite du résultat et sans pour autant qu’une ou deux stars ne soient parmi l’effectif.

Ce qu’il faut donc, c’est tout simplement un entraîneur (Mondher Kebaïer ou un autre) doté d’un caractère de meneur qui se fait respecter (voire craindre) et qui est capable d’asseoir la bonne stratégie qui sied parfaitement à notre équipe nationale en vue d’en faire un bloc d’acier qui dissuade par son jeu collectif et où aucune «vedette» n’a le droit d’en faire à sa tête.

De son côté, la FTF doit se comporter en simple observateur à l’égard du travail de l’entraîneur national sans la moindre immixtion dans ses affaires. C’est seulement dans ces conditions qu’on peut construire une équipe nationale à laquelle seuls les plus méritants et les plus performants doivent être convoqués. Les résultats, ou du moins le rendement qui fait honneur, suivront automatiquement.

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