Les relations  tuniso-indonésiennes remontent à la période coloniale, au début de 1950, où l’Indonésie était alors parmi les premiers pays à avoir tendu la main à la Tunisie pour soutenir ses aspirations à l’autodétermination et à l’indépendance. « Cette amitié a beaucoup été renforcée lors de la visite de Bourguiba, alors chef du mouvement de libération nationale, et suivie des efforts du gouvernement indonésien pour défendre la cause tunisienne au forum des Nations unies et la création du bureau de représentation  du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie à Jakarta en 1952 », rappelle Son Excellence Ikrar Nusa Bhakti, ambassadeur d’Indonésie à Tunis, lors d’une conférence de presse commémorative, tenue mardi après-midi, à son siège aux Berges du Lac, dans la banlieue nord de la capitale. Trois ans plus tard, ce soutien s’était aussi renouvelé au cours de la fameuse Conférence Asie-Afrique en Indonésie.     

Il s’agissait, en fait, d’un élan d’appui et de solidarité qui aura eu, au fil du temps, son impact sur les relations diplomatiques bilatérales. L’ouverture, en 1960, de l’ambassade d’Indonésie en Tunisie était, ainsi, un fer de lance des liens d’amitié et de coopération à plusieurs niveaux. Mais aussi une date phare marquant les annales des deux pays. Cela n’a été, alors, qu’un début prometteur. Cette année, ils fêtent leurs 60 ans. A cette occasion, le conférencier s’est focalisé sur l’évolution des relations historiques, tout en évoquant les questions d’intérêt commun. D’autant plus que la Tunisie et l’Indonésie partagent la même religion et entretiennent les sublimes valeurs de tolérance et d’ouverture sur le monde. Puis, l’échange des visites officielles, de par et d’autre, a dû porter ses fruits et pousser à des partenariats mutuellement bénéfiques. En politique, les deux pays ont développé autant de mécanismes de coordination et de coopération : commissions mixtes depuis 1985, Groupe d’études économiques tuniso-indonésien réuni, pour la première fois, à Tunis en 2009, Conseil d’affaires mixte conjointement inauguré en 2014. Une année plus tard, un 1er forum d’affaires a été organisé au siège du Cepex, à Tunis, intitulé « Opportunités d’investissement et d’exportation en Indonésie ». Ce fut, alors, l’occasion pour nouer des contacts économiques. Et ce n’est pas tout !

Diplomatie économique en marche !

Crée, en 2017, le Forum de la démocratie de Bali, qui se tient chaque année en Indonésie, vise à renforcer le dialogue dans cinq pays d’Afrique du Nord, à savoir la Libye, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte et la Tunisie. «Que cette coopération à soutenir réciproquement dans les forums internationaux et d’autres collaborations puisse être maintenue et améliorée davantage», espère l’ambassadeur. Il souhaite qu’elle s’inscrive dans la durée.

Une telle diplomatie, bien entretenue, il y a maintenant plus d’un siècle, est de nature à  rapporter beaucoup en termes d’échanges commerciaux. La diplomatie économique est en marche. Données de l’INS (Institut national des statistiques) à l’appui, la valeur totale des échanges entre la Tunisie et l’Indonésie en 2019 a atteint 254 millions DT. Ainsi, nos exportations nous ont rapporté environ 86 millions de dinars, tandis que les produits importés d’Indonésie coûtent 168 MD, avec un excédent commercial pour l’Indonésie à hauteur de 82 millions de dinars. Soit une légère hausse enregistrée au niveau de la balance commerciale des deux pays par rapport aux années précédentes.

Vers un taux d’échange de plus de 30%

Pourtant, le bilan n’est pas, à l’en croire, assez suffisant. «D’où il est temps d’améliorer la coopération économique et commerciale des deux pays pour parvenir à une prospérité mutuelle tout en ouvrant de nouvelles opportunités d’investissement », déclare l’ambassadeur. Et d’annoncer qu’un accord tarifaire préférentiel est en passe d’être établi avec la Tunisie, le but étant de démanteler prochainement les barrières douanières en matière d’import et d’export. Négocié en plusieurs rounds, cet accord sera ainsi fin prêt d’ici l’année prochaine, a-t-il encore affirmé. L’idéal, d’après lui, est de porter le taux d’échange à 30%, et même plus. Il y a lieu de noter, que plusieurs produits agroalimentaires tunisiens pourraient en tirer profit, l’huile d’olive en l’occurrence. Tout en sachant qu’elle a déjà commencé à s’exporter sur le marché indonésien. Certains de nos hommes d’affaires y investissent dans les domaines de l’habillement, de l’hôtellerie et des viandes rouges. D’autres y importent des articles de décoration et d’artisanat. 

En outre, la coopération bilatérale embrasse d’autres domaines d’ordre culturel, artistique, éducatif, religieux et sportif. « Actuellement, l’Indonésie et la Tunisie coopèrent en matière d’enseignement supérieur, et par conséquent 14 accords ont été conclus entre les universités des deux pays. Et chaque année, nous offrons aux étudiants tunisiens des bourses d’études supérieures en Indonésie», témoigne-t-il en conclusion, formulant l’espoir de hisser les relations politico-diplomatiques à des paliers supérieurs.

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