Malgré de nombreuses promesses de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, le modèle de développement socioéconomique de la Tunisie paraît s’essouffler de plus en plus. Et pour cause: la paralysie politique qui fait obstacle à toute mesure décisive. La crise économique et l’instabilité politique qui s’ensuivit ont entravé les efforts des gouvernements successifs pour trouver un consensus politique sur des réformes et les mettre en œuvre.

Pour sortir de cette impasse, le gouvernement devrait tenter d’être plus transparent et de mieux communiquer sur les difficultés économiques du pays, de consulter un éventail plus large d’acteurs socioéconomiques et de mettre l’accent, en particulier, sur les couches sociales les plus vulnérables. Le pays se heurte à des difficultés majeures auxquelles se sont greffés des tensions sociales dans plusieurs régions du pays et des troubles politiques. Les citoyens, eux, déplorent l’absence de stratégies claires de développement socioéconomique dans leurs gouvernorats. Une problématique qui continue à hanter leurs esprits depuis des années, alors que les pouvoirs publics se contentaient uniquement d’apporter des ajustements techniques à la politique économique nationale.  Néanmoins, depuis des décennies, les actes de contestation exprimant un désir de changement, les manifestations de masse, les appels à des réformes sociales et économiques se multiplient de plus en plus.  Aujourd’hui, nombre de formes d’activisme ont obligé l’Etat à faire des concessions et à prendre des mesures afin d’apaiser les tensions et étouffer la grogne sociale. En effet, en réponse aux attentes des citoyens dans les régions, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, a annoncé, récemment, lors des assises de la conférence des gouverneurs, l’adoption d’une nouvelle approche de développement différente de celles adoptées depuis des décennies.

A cet effet, des experts se déplaceront sur place dans tous les gouvernorats pour mettre en œuvre les projets en partenariat avec les organisations nationales et la société civile, et ce, dans le cadre des conseils régionaux qui seront présidés par un membre du gouvernement. «Ce processus participatif rompt avec la prise de décision unilatérale et centralisée qui ne tient pas compte des spécificités de chaque région», précise le chef du gouvernement.

Une telle approche permettra, certes, de redresser le cap dans la définition des projets prioritaires et leur hiérarchisation, ainsi que dans l’élaboration d’une architecture renforcée des projets programmés et de leur montage financier.

Il s’agit, en somme, de marquer un temps d’arrêt pour mener, de manière approfondie, une évaluation de la situation présente afin d’envisager une nouvelle phase d’action. Celle-ci, en même temps qu’elle s’inscrira dans la continuité, devra permettre d’affermir les règles de bonne gouvernance dans la gestion des affaires des régions et d’aplanir les obstacles jusqu’ici rencontrés, avec une célérité redoublée.

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