Entre pas de vision ou une vision trop étroite de la part des gouvernants qui se succèdent et qui se ressemblent, le Tunisien se perd. Selon le dernier sondage d’Emrhod Consulting, 84 % des Tunisiens pensent que l’économie du pays se dégrade et  51% se disent pessimistes pour l’avenir. Les horizons manquent et l’économie tunisienne est de plus en plus menacée par la révélation de nouveaux démons intérieurs.    

Faut-il s’habituer aujourd’hui à répéter les mêmes constats et les mêmes causes qui empêchent le pays dedécoller, de se métamorphoser, de prendre une nouvelle dimension, notamment au-delà de ce qu’il a pris l’habitude de connaître et de vivre ces dernières années ?

Dans un contexte politique ambigu, les demandes des agences de notation, Fitch Ratings et Moody’s, pour connaître la situation en Tunisie, sont devenues fréquentes. L’image donnée dépend beaucoup trop des déviations dans lesquelles le pays est entraîné et dont beaucoup de parties assument visiblement une grande partie. Nous continuons à croire que la Tunisie  attire encore les investisseurs étrangers, qu’elle a encore de l’avenir. Mais elle n’attire pas comme avant et comme on aurait pu le souhaiter.

C’est à se demander si le pays n’est pas déjà dans le mur ! On pourrait comprendre ceux qui seront affirmatifs dans leurs appréciations, particulièrement à travers les incidents de plus en plus inquiétants. Les interrogations ne s’arrêtent pas pour autant là. Il reste à se demander comment l’économie et les finances peuvent se redresser alors que le contexte  est au plus mal ! Ce qui est entrepris dans ce registre est devenu une source d’inquiétude, une crainte avérée. En l’absence de stratégies et de travail de fond, le risque de l’assèchement de toute l’économie tunisienne est réel, tout comme la menace de s’égarer encore davantage sur un terrain glissant. A la place des programmes et des projets, l’on a désormais droit à des agissements et des prises de position qui divisent plus qu’elles ne rassemblent.

Pour le citoyen averti, ou encore ordinaire, il n’y a rien de rassurant. Depuis déjà dix ans, les promesses n’ont jamais dépassé le stade des paroles et les travers sont toujours les mêmes. Il s’est avéré que se partager la médiocrité, c’est ce qu’on aime le plus dans le monde «merveilleux» des politiques. D’ailleurs, rares sont les Tunisiens qui s’y retrouvent. Car plus personne n’est convaincu des arguments et des  raisons des uns et des autres. L’impact est négligeable et  les rôles sonnent faux. Pas dans le ton, hors contexte. Et trop tournés vers la médiocrité ! Cela, personne ne semble aujourd’hui l’ignorer car sur les défaillances et le gâchis politique miné par un vide existentiel, se profilent depuis maintenant dix ans les dessous d’un avenir pas tout à fait rassurant. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons d’un vrai malaise et d’une profonde interrogation. Le pire est que les différentes parties prenantes ont vraiment le sentiment d’avoir raison. Leur appréciation de la situation leur paraît juste. Mais le problème est qu’elles ont raison toutes seules. Ce qu’elles cherchent n’est pas tant d’être appréciées comme étant capables de tirer le pays vers le haut et lui  donner un peu de grandeur, mais plutôt de se cacher derrière les faux alibis, les polémiques inutiles. Beaucoup ne s’arrêtent même pas lorsqu’ils réalisent qu’ils sont sur le point de déborder…

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