Par Samira Dami

«Escape Room» (2018) représente un modèle non réussi d’un concept à succès initié par les séries «Cube» dont le premier film a été réalisé par le Canadien Vincenzo Natali, en 1997, et par la saga «Saw» ou «Décadence», une série américano-australienne dont le premier épisode a été réalisé en 2004 par James Wan.
Ce concept, entre horreur et thriller, relevant de la vague de «L’escape Game», consiste à enfermer des personnages dans une salle où ils sont pris dans des pièges machiavéliques imaginés par un tueur dans le but de donner une leçon de vie à des marginaux, entre drogués, voyeurs et criminels, qui ont totalement gâché leur vie.
Tous ces personnages pris au piège ont pour unique option : «Vivre ou mourir». Ils doivent, par conséquent, résoudre plusieurs épreuves aussi difficiles que dangereuses afin d’échapper à ce huis clos mortifère et de pouvoir sauver leur vie.
Ces sagas sont, en général, marquées par des scènes gore, sanguinaires, flippantes et insoutenables.
Bref, les avis sur le genre sont très partagés et cela va de l’admiration absolue à la répugnance totale.

Version plate de «Saw»
Ainsi, «Escape Room» (2018) s’avère une version ratée de ces séries façon «puzzle-survival-gore», telles que «Cube» et «Saw».
Le film reproduit, certes, le même concept dans la mesure où l’histoire se focalise sur six personnages enfermés dans une «Escape Room» et où ils devront jouer leur survie.
Le personnage moteur, Christen (Anabella Stephenson), désire fêter l’anniversaire de son copain; pour cela, elle réserve une «Escape Room», un jeu en vogue dont le principe est de réussir à s’échapper d’une pièce, dans laquelle on est enfermé, en résolvant plusieurs énigmes dans un temps imparti.
Une fois les six amis arrivés sur les lieux, le compte à rebours d’une heure est lancé.
Avec un tel concept, le suspense est normalement garanti, mais à condition aussi que le scénario, la mise en scène et le jeu des acteurs soient prenants et de belle facture.
Or, le scénario, déconstruit et plein d’incohérences, est d’une faiblesse inouïe, sans inventivité ni aspérité aucune. En fait, le film patauge pendant quasi une heure et ne décolle qu’après la première disparition de l’un des protagonistes.
Du coup, on s’ennuie ferme durant les premières scènes de cet opus qui s’étire en longueur de manière quasi-linéaire. Car, il ne se passe pas grand-chose, par manque d’idées et de trouvailles. Les personnages, construits de façon rudimentaire, sont stéréotypés et agissent, notamment le tueur, sans motivations ni mobiles apparents.
Ajoutons à cela les dialogues insipides, l’absence d’intrigues et d’énigmes captivantes qui empêchent tout rebondissement, suspense et tension à même de tenir le spectateur en haleine.
Pis, la fin du film est bâclée, voire incompréhensible et même les acteurs semblent ne pas croire à cette histoire. D’où leur jeu très peu crédible, voire foncièrement médiocre.
On est, donc, très loin de la qualité des séries «Cube» et «Saw», car pour réussir le genre, il ne suffit pas d’une ou deux scènes sanguinolentes, mais faudrait-il encore avoir des idées afin de concocter un bon scénario et avoir de la maestria pour réussir une bonne mise en scène et savoir, enfin, diriger les acteurs afin qu’ils soient convaincants et qu’ils puissent sécréter cette empathie nécessaire pour susciter ne serait-ce que quelques sentiments et un quelconque intérêt chez le spectateur.
Qui, en fait, reste de marbre face à tant de platitude et de vacuité.
Maintenant, une question s’impose à l’intention des distributeurs et exploitants de la place : pourquoi programmer de tels navets qui occasionnent une vraie perte de temps?
Les spectateurs méritent mieux. Non ?

Charger plus d'articles
Charger plus par La Presse
Charger plus dans Magazine La Presse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *