Faute de moyens, plusieurs établissements éducatifs dans les zones rurales n’arrivent pas à fournir des collations à des écoliers et des élèves qui font tous les jours plusieurs kilomètres à pied

Ce n’est un secret pour personne. Les enfants, qui vivent en milieu rural et qui sont issus de catégories démunies, mangent mal ou pas du tout à leur faim, en raison de l’absence de cantines dans les établissements scolaires qui n’arrange en rien les choses. Ces derniers, qui font tous les jours plusieurs kilomètres à pied, ont du mal à satisfaire leurs besoins énergétiques, en raison de l’insuffisance des collations qu’ils prennent, soit à la maison ou dans leur établissement. Privés de petit-déjeuner, qui est la collation la plus importante de la journée, la plupart se rendent à leur école le ventre creux. Les répercussions négatives sont doubles: la malnutrition entraîne non seulement un retard dans le développement, mais elle a pour effet, par ailleurs, de réduire considérablement la capacité de concentration de ces élèves pendant les cours. l’Unicef a, pourtant, mis en avant le rôle qui incombe aux écoles de consacrer le droit de tous les enfants sans distinction de genre ni de catégorie à des repas sains et équilibrés. Les établissements éducatifs sont, en effet, appelés à pallier la carence nutritionnelle observée chez les enfants vivant dans la précarité, en rétablissant l’équilibre alimentaire crucial à leur bien-être et à leur développement, et ce, par la distribution de repas dans le cadre des programmes nationaux d’alimentation scolaire.

Au-delà de l’impact fondamental d’un régime alimentaire équilibré sur la santé des enfants, instaurer des cantines et préparer des repas scolaires à base de produits sains aide, par ailleurs, à promouvoir et à développer, dès la petite enfance, la culture du compter-sur soi, en impliquant les écoliers dans l’aménagement d’un potager où chacun se voit attribuer une petite parcelle dans laquelle il peut planter les fruits et les légumes qui vont servir à préparer les repas scolaires.

Il y a trois ans, des accords de financement ont bien été signés entre l’Unicef, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et le ministère de l’Éducation pour promouvoir l’alimentation scolaire durable à travers la mise en place d’une stratégie nationale permettant de garantir à tous les enfants, notamment les plus vulnérables, une nutrition  saine et équilibrée  au sein de leurs établissements éducatifs. Mais faute de moyens et de ressources, le programme a tardé à se mettre en place et de nombreux établissements scolaires (écoles primaires, collèges…) dans les zones rurales n’arrivent toujours pas à fournir des collations aux écoliers et aux élèves qui arrivent affamés, après plusieurs kilomètres à pied, car ils ne disposent tout simplement pas de cantines. Adoptant le programme du PAM, sur la base des directives du ministère de l’Education, des directeurs d’écoles ont bien aménagé des cantines qu’ils ont approvisionnées en denrées alimentaires, mais le projet de distribution de collations et de repas aux élèves dans les zones rurales n’a pas fait long feu, faute de moyens financiers. Aujourd’hui, c’est grâce à des initiatives individuelles et à des associations engagées que des écoliers et des élèves arrivent à manger à leur faim dans les établissements scolaires des zones rurales. Mais jusqu’à quand ?

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